Le SMIC connaîtra une hausse automatique de 2,4% dès le 1er juin 2026, soit 44 euros bruts supplémentaires par mois. Cette revalorisation mécanique, annoncée par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, découle du franchissement du seuil d’inflation de 2% en avril.
SMIC : une revalorisation mécanique de 2,4% confirmée pour juin 2026
Le SMIC va connaître une revalorisation sensible dès le 1er juin 2026. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, a officialisé ce mercredi 13 mai sur franceinfo une hausse de 2,4% du salaire minimum interprofessionnel de croissance, soit 44 euros bruts supplémentaires par mois pour les travailleurs concernés.
Cette revalorisation s’inscrit dans le mécanisme automatique prévu par le Code du travail français, déclenché dès lors que la progression de l’inflation franchit le seuil critique de 2%. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a confirmé, ce même mercredi, que l’inflation avait atteint 2,2% sur un an en avril 2026 — contraignant ainsi mécaniquement le gouvernement à relever le plancher salarial.
L’inflation, moteur automatique de la revalorisation salariale
Le système français de protection du SMIC repose sur un double mécanisme de sauvegarde. Une revalorisation annuelle obligatoire intervient chaque 1er janvier, fondée notamment sur l’évolution de l’inflation hors tabac observée chez les 20% de ménages aux revenus les plus modestes. Mais la loi prévoit également un ajustement en cours d’année lorsque l’inflation dépasse le seuil des 2% — disposition qui vient d’être activée pour la première fois depuis plusieurs années.
Cette reprise inflationniste, portée principalement par les prix de l’énergie et des matières premières, s’installe avec une persistance qui contraint l’exécutif à des ajustements salariaux qu’il n’avait pas initialement inscrits dans ses prévisions budgétaires. Le gouverneur de la Banque de France avait d’ailleurs alerté sur franceinfo que l’indice harmonisé européen atteignait désormais 2,5%, confirmant l’ampleur de la tendance haussière. Cette dynamique des prix menace plus largement l’économie européenne, déjà fragilisée par un contexte géopolitique et énergétique sous tension.
Nouveaux montants du SMIC : le détail des calculs
Actuellement fixé à 12,02 euros bruts de l’heure, le SMIC représente 1 823,03 euros mensuels bruts pour un temps plein de 35 heures hebdomadaires, soit 1 443,11 euros nets par mois. Avec la revalorisation de 2,4%, le taux horaire brut s’établira à 12,31 euros, portant la rémunération mensuelle brute à 1 866,78 euros pour un salarié à temps complet. En net, le SMIC mensuel devrait atteindre 1 477 euros, soit un gain de 34 euros par mois — et un supplément annuel de 415 euros nets pour le salarié.
Pour les entreprises, l’équation est plus contraignante. Cette revalorisation génère un surcoût d’environ 528 euros bruts par an et par salarié concerné, charges patronales incluses. Dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre — hôtellerie-restauration, grande distribution, aide à domicile, propreté —, où la proportion de salariés rémunérés au minimum légal est particulièrement élevée, l’impact sur la masse salariale peut s’avérer significatif. Pour une entreprise employant dix salariés au SMIC, le coût additionnel annuel dépasse ainsi 5 000 euros, une charge non négligeable pour les structures de petite taille déjà fragilisées par la conjoncture. Selon BFM TV, certains employeurs s’interrogent également sur les effets d’écrasement de la grille salariale : lorsque le SMIC progresse, les salaires légèrement supérieurs tendent à se rapprocher du plancher, créant une tension sur les négociations de branche.








