Les trains de nuit font de plus en plus d’adeptes. D’après RMC, leur fréquentation aurait bondi sur les 5 dernières années. Au point que trois fois plus de voyageurs les empruntent désormais.
Les trains de nuit ont la cote
La fréquentation des trains de nuit connaît une progression spectaculaire. Après des années de doute et de suppressions, ces liaisons, longtemps jugées vieillottes, semblent devenues une arme économique et écologique dans le secteur ferroviaire. Le verdict est sans appel : en cinq ans, la fréquentation a triplé. Selon RMC, le nombre de passagers est passé de 350 000 à près d’un million. Le taux d’occupation frôle désormais les 80 %, une performance qui ferait pâlir bien des lignes à grande vitesse.
D’abord, la demande. Les wagons se remplissent, parfois trop. Derrière la formule, une réalité : les trains sont complets plusieurs semaines à l’avance, et les rares places disponibles s’arrachent. Preuve aussi d’un certain engouement.
Les facteurs d’explication sont multiples, mais ils semblent coller à l’ère du temps. D’une part, le coût. Les trains de nuit sont accessibles dès 29 €. Le côté écologique du transport ferroviaire marche toujours, surtout auprès des jeunes voyageurs. Enfin, l’aspect gain de temps séduit. En une nuit, il est possible de parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Et donc de démarrer la journée tôt directement sur son lieu d’arrivée.
Ce retour en grâce est aussi le résultat d’une stratégie politique et industrielle : l’État a injecté des centaines de millions d’euros dans la rénovation du matériel roulant, remplaçant les couchettes fatiguées par des cabines modernisées. Résultat : le confort reste sommaire, mais l’ambiance est désormais perçue comme conviviale, presque bohème, bien loin de l’image poussiéreuse des années 1990.
L’offre SNCF Intercités de nuit repensée
Du côté institutionnel, la SNCF met en avant ses Intercités de nuit, qui relient Paris à Toulouse, Briançon, Rodez, Latour-de-Carol, Nice, Cerbère ou encore Lourdes. Ces dessertes sont conçues pour concurrencer l’avion sur des trajets intermédiaires, avec un argument de taille : une empreinte carbone réduite.
En juin 2024, une carte officielle publiée par SNCF Voyageurs confirme la consolidation de ce réseau, tout en annonçant la suspension de l’expérimentation Paris-Berlin, faute de rentabilité. L’ambition reste pourtant intacte : repositionner le train de nuit comme un pilier du voyage durable, dans un contexte où l’aérien est contesté pour ses émissions.
Autre avantage pour la SNCF : les trains de nuit sont redevenus rentables, ou du moins moins déficitaires. Avec un taux d’occupation de 80 %, ils évitent désormais le scénario du gouffre financier. La clientèle a changé : moins de retraités nostalgiques, plus d’étudiants, de jeunes actifs et de touristes étrangers séduits par l’expérience.












