Sous couvert de “justice sociale”, le gouvernement prépare une hausse spectaculaire de la TVA sur les produits de luxe. Une mesure symbolique, aveugle et contre-productive, qui menace un secteur clé du rayonnement français : le tourisme haut de gamme et la culture du savoir-faire.
Une taxe de ressentiment
Ce projet de TVA à 33 % sur les produits de luxe n’a rien d’économique. Il est moral. Et c’est là tout le problème. Il s’agit moins de financer l’État que de punir une catégorie symbolique, les riches, les privilégiés, les « possédants ». Une taxe de ressentiment, conçue pour flatter les colères sociales et donner l’illusion d’une justice redistributive. Mais à quoi bon taxer davantage un secteur déjà hypercontributeur ? Les maisons de luxe, de LVMH à Hermès, représentent des dizaines de milliards d’euros d’impôts et d’emplois directs. En s’attaquant à elles, l’État scie la branche sur laquelle il est assis, tout en se drapant dans la vertu morale du nivellement par le haut.
Une bombe à retardement pour le tourisme
Cette mesure va frapper au cœur l’un des moteurs du rayonnement français : le tourisme haut de gamme. Les hôtels cinq étoiles, les palaces, les tables gastronomiques et les boutiques de luxe seront les premières victimes. En augmentant mécaniquement les prix d’environ 10 %, cette taxe rendra les séjours en France moins attractifs pour les touristes étrangers, notamment ceux du Golfe, d’Asie et d’Amérique. Or, ces visiteurs sont ceux qui dépensent le plus, qui font vivre les artisans, les conciergeries, les chauffeurs, les restaurateurs. Chaque point de TVA supplémentaire, c’est une part du rêve français qui s’envole à Rome, à Milan ou à Dubaï. Vouloir faire payer les riches, c’est surtout prendre le risque de chasser ceux qui font vivre notre économie d’accueil.
Le luxe, ce n’est pas que pour les riches
Ce que le gouvernement ne comprend pas, c’est que le luxe ne se résume plus à une élite. C’est une part du désir collectif, un symbole de réussite et d’élégance populaire. Il suffit d’ouvrir Instagram pour le voir : les sacs, les parfums, les montres ou les sneakers de marque sont exhibés par des jeunes, des employés, des classes moyennes. Ce ne sont pas des millionnaires, mais des Français ordinaires qui veulent s’offrir une part de rêve. En taxant le luxe, on ne s’en prend pas aux milliardaires, mais à l’aspiration même à s’élever, à la possibilité d’accéder, ne serait-ce qu’un instant, à la beauté et au prestige. Le luxe, c’est la France. Et taxer le luxe, c’est taxer la France qui brille, celle qui attire, celle qui donne envie.
Derrière les slogans moralisateurs, cette TVA à 33 % sur le luxe est un contresens économique et culturel. Elle ne fera pas payer les riches : elle punira le travail, le goût, le rayonnement et la réussite. La France n’a pas besoin d’une taxe de plus, mais d’un peu de fierté.








