Voitures thermiques neuves à l’horizon 2035 : la France et l’Espagne face à l’Allemagne

Alors que l’échéance de 2035 pour l’interdiction des nouvelles voitures thermiques se profile au niveau de l’Union européenne, la France et l’Espagne affichent un front uni pour défendre cette date, en opposition à la Allemagne qui réclame davantage de flexibilité pour une transition progressive vers l’électrique.

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Voitures thermiques neuves à l'horizon 2035 : la France et l’Espagne face à l’Allemagne
Voitures thermiques neuves à l’horizon 2035 : la France et l’Espagne face à l’Allemagne © www.nlto.fr

Le 21 octobre 2025, la France et l’Espagne ont confirmé leur ferme volonté de maintenir l’interdiction de vente de voitures thermiques neuves à compter de 2035 — une échéance qui, pourtant, est contestée par l’Allemagne dans le cadre de la politique européenne de mobilité et d’émissions de CO₂. Le débat tourne autour de trois enjeux : l’industrie automobile, la transition énergétique et le principe de neutralité technologique.

Le cadre européen et l’objectif d’interdiction des voitures thermiques

Depuis 2022, l’Union européenne s’est engagée à ce que toutes les voitures neuves ne génèrent aucune émission de CO₂ à partir de 2035, comme l’indique une publication du Parlement européen. Cet objectif s’inscrit dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe visant à la neutralité carbone d’ici à 2050 et suppose notamment une réduction d’au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. 

Alors que l’interdiction concerne officiellement les véhicules particuliers neufs à moteur thermique ou hybride, certains États membres évoquent déjà des « clause de revoyure ». Ainsi, la Commission européenne a prévu de réexaminer dès 2025 (et non plus 2026) les modalités de cette interdiction, annonçait Europe 1 en mars 2025.

France et Espagne : un tandem pro-échéance alors que l’Allemagne hésite

La France et l’Espagne se sont positionnées comme défenderesses de l’échéance de 2035 pour l’interdiction des voitures thermiques neuves. Ainsi, d’après Le Figaro, ces deux pays « s’opposent à l’Allemagne et défendent l’interdiction des voitures thermiques neuves en 2035 ». De son côté, BFMTV rapporte que la France et l’Espagne « insistent pour maintenir l’interdiction des voitures thermiques neuves en 2035 » et s’opposent au chancelier allemand.

Dans le détail, la France a même vu le Sénat rejeter l’inscription de l’échéance de 2035 dans la loi française en raison d’une clause de révision en 2026, relève Autoplus. Toutefois, sur le plan européen, Paris reste attaché à l’horizon 2035.

Pour l’Allemagne, l’enjeu est industriel et stratégique : une étude évoque « près de 140 000 emplois » menacés dans la filière automobile allemande d’ici à 2035, soit quasi 20 % de l’effectif actuel. Berlin plaide pour une « ouverture technologique » permettant l’hybridation, les carburants de synthèse ou le prolongateur thermique.

Pourquoi la France et l’Espagne défendent-ils l’interdiction au-delà de 2035 ?

Trois principaux motifs expliquent cette position :

  • Engagement climat : Pour la France et l’Espagne, le maintien de l’échéance 2035 pour les voitures thermiques neuves témoigne d’une cohérence dans la politique de réduction des émissions.
  • Avantage stratégique et industriel : Les deux pays cherchent à tirer parti de l’essor des véhicules zéro-émission et à ne pas laisser la filière européenne réagir en retard face à la concurrence chinoise ou américaine.
  • Alignement politique : En se positionnant fermement sur 2035, Paris et Madrid souhaitent affirmer leur leadership européen dans la mobilité durable et éviter que l’Allemagne n’impose un report ou un assouplissement qui deviendrait un précédent pour d’autres États.

Les freins et enjeux que pose l’échéance pour les voitures thermiques

Malgré l’enthousiasme de certains États, de nombreux obstacles freinent la mise en œuvre de l’interdiction des voitures thermiques neuves en 2035. Notamment :

  • La capacité d’infrastructure de recharge pour véhicules électriques, encore jugée insuffisante.
  • Le besoin de garantir la compétitivité de l’industrie automobile européenne face à de nouveaux entrants. La France et l’Espagne se rallient à l’objectif, mais reconnaissent que la transition devra s’accompagner de soutien industriel.
  • Le risque social : emplois, sous-traitants et territoires dépendant de la combustion interne sont particulièrement concernés. En Allemagne, cette crainte est prééminente, relève Novethic.
  • La question technologique : L’Allemagne plaide pour la neutralité technologique, c’est-à-dire la reconnaissance des hybrides, des moteurs thermiques très performants ou des carburants synthétiques comme alternatives, selon Motor 1.

Les retombées attendues pour l’industrie automobile et pour l’économie

Pour les constructeurs et les États, l’échéance de 2035 pour les voitures thermiques neuves implique une réorganisation complète de la production, de la chaîne d’approvisionnement et de la stratégie commerciale. En France et en Espagne, le maintien de cette date pourrait :

  • Encourager les investissements dans la filière électrique et dans les infrastructures de recharge.
  • Stimuler la création d’emplois dans les technologies de mobilité durable.
  • Accroître la pression concurrentielle sur les constructeurs traditionnels, mais aussi offrir une opportunité de redéploiement industriel.

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