Le 20 janvier 2026, la ZFE s’est retrouvée au cœur d’un compromis parlementaire inédit. Réunis au sein de la Commission mixte paritaire, députés et sénateurs se sont accordés sur un texte actant la suppression des zones à faibles émissions, ces périmètres urbains destinés à limiter la circulation des véhicules jugés trop polluants.
ZFE : une suppression actée en commission, un signal politique fort
La ZFE n’est plus seulement contestée, elle est désormais officiellement remise en cause. En commission mixte paritaire, l’accord trouvé le 20 janvier 2026 a validé l’intégration de sa suppression dans un projet de loi de simplification de la vie économique. Ce vote, acquis par dix voix contre quatre, reflète un basculement politique clair. La commission, composée de députés et de sénateurs, a choisi de maintenir un amendement pourtant absent du texte initial porté par le gouvernement, détaille LCP. Pour les parlementaires favorables à cette suppression, la ZFE a progressivement incarné une mesure perçue comme injuste. De nombreux élus ont souligné son impact sur les ménages modestes dépendants de l’automobile ancienne.
À l’origine, la ZFE répondait à une urgence sanitaire. La pollution atmosphérique urbaine, liée en grande partie à l’automobile, provoque chaque année des dizaines de milliers de décès prématurés en France. En restreignant l’accès des centres-villes aux véhicules classés Crit’Air les plus polluants, le gouvernement entendait améliorer rapidement la qualité de l’air. Selon LCP, les ZFE visaient explicitement à « limiter ou interdire la circulation des véhicules les plus polluants », rappelant leur vocation environnementale assumée dès leur création.
Cependant, au fil des années, la ZFE a cristallisé une colère sociale croissante. Dans plusieurs métropoles, l’interdiction progressive des véhicules anciens a touché de plein fouet des conducteurs incapables de renouveler leur automobile. Cette réalité a nourri une opposition transpartisane, de la droite au Rassemblement national, jusqu’à une partie de la majorité présidentielle. Lors de la première lecture du texte en 2025, l’Assemblée nationale avait déjà adopté la suppression des ZFE par 275 voix contre 252.
Suppression des ZFE : une issue encore suspendue aux votes finaux
Malgré l’accord en commission, la ZFE n’est pas encore juridiquement enterrée. Le texte doit être soumis à un ultime vote à l’Assemblée nationale le 27 janvier, puis au Sénat le 29 janvier 2026. Le gouvernement, prudent, n’a pas totalement désarmé. Stéphane Travert, rapporteur apparenté à la majorité présidentielle, a indiqué que « le vote aura lieu », précisant que la position définitive dépendra d’une relecture complète du texte. Cette réserve traduit les hésitations persistantes de l’exécutif face aux enjeux de pollution et aux engagements européens de la France.
Par ailleurs, plusieurs élus de gauche ont alerté sur les risques juridiques. Ils estiment que la suppression de la ZFE, intégrée à un projet de loi de simplification administrative, pourrait être censurée par le Conseil constitutionnel pour défaut de lien avec l’objet initial du texte. Selon Parlons Politique, certains députés socialistes ont qualifié le projet de « fourre-tout », dénonçant une manœuvre politique aux conséquences environnementales lourdes.












