Le 5 mars 2026, la Banque de France a publié une étude consacrée aux différences entre femmes et hommes face au surendettement. Cette analyse s’appuie sur les dossiers traités par les commissions de surendettement et permet de mieux comprendre les mécanismes qui mènent à ces situations. Le phénomène reste important dans l’économie française : 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés en 2025, selon la Banque de France dans un communiqué du 17 février 2026. Toutefois, derrière ce volume de dossiers se dessinent des réalités distinctes selon le genre.
Surendettement : femmes et hommes concernés par des situations différentes
Le surendettement touche d’abord des ménages confrontés à une fragilité économique ou sociale. Dans ce contexte, la structure familiale joue un rôle important. Près de 75 % des personnes en situation de surendettement vivent seules, avec ou sans enfants.
Cependant, cette solitude n’a pas les mêmes conséquences selon le profil des ménages. Les femmes seules avec enfants apparaissent particulièrement exposées au surendettement. Les données de la Banque de France indiquent que 18,9 % des personnes surendettées sont des femmes seules avec enfant(s). Les économistes de l’institution expliquent que « les personnes vivant seules sont surreprésentées parmi les personnes bénéficiant de la procédure de surendettement, en particulier les femmes, et plus encore les cheffes de famille monoparentale ».
Dans le même temps, les hommes vivant seuls sans enfants représentent également une part importante des situations de surendettement. Ces profils différents témoignent de trajectoires économiques distinctes, mais toutes deux exposées à des risques financiers importants.
Surendettement : des stratégies différentes face aux difficultés
Les écarts entre femmes et hommes apparaissent également dans les stratégies adoptées avant la reconnaissance officielle du surendettement. Lorsqu’une difficulté financière survient, les comportements peuvent diverger.
D’un côté, les femmes privilégient souvent des solutions permettant de stabiliser progressivement leur budget. Elles cherchent plus fréquemment à négocier les paiements ou à solliciter des aides sociales. « Les femmes sont plus nombreuses à étaler leurs paiements ou à chercher seules ou accompagnées des aides sociales dont elles pourraient bénéficier », explique l’étude.
À l’inverse, certains hommes ont davantage recours au crédit pour tenter de surmonter une difficulté financière. Cette stratégie peut conduire à une accumulation plus rapide de dettes. Par conséquent, les dossiers de surendettement peuvent présenter des structures différentes selon les profils. Ces situations s’expliquent souvent par des événements de vie tels que la perte d’un emploi, une séparation ou encore une baisse soudaine de revenus.
Surendettement : une capacité de remboursement très inégale
Les différences entre femmes et hommes apparaissent aussi dans le poids réel du surendettement sur le budget des ménages. Globalement, les hommes présentent un niveau d’endettement plus élevé. Toutefois, les femmes disposent souvent de ressources financières plus limitées.
Dans son étude, la Banque de France souligne cette situation : « Les femmes présentent en moyenne un niveau d’endettement inférieur à celui des hommes, mais leurs ressources plus faibles limitent davantage leur capacité de remboursement ».
La situation est particulièrement fragile pour les familles monoparentales. Ainsi, l’endettement médian d’une femme seule avec enfant en situation de surendettement atteint 16 417 euros. Pourtant, la difficulté financière reste souvent plus forte que ne le suggère ce montant. En effet, 61 % des mères seules surendettées présentent une capacité de remboursement négative, selon la même étude.
Dans ces conditions, le surendettement reflète souvent des déséquilibres durables entre revenus et dépenses. Les charges liées au logement, aux enfants ou aux dépenses quotidiennes pèsent fortement sur les budgets. D’ailleurs, 142 670 dossiers ont été orientés vers une solution par les commissions de surendettement en 2025, soit une progression de 8,8 % sur un an.









