C’est le fiasco silencieux de la présidence Macron. Huit ans après avoir promis le plein-emploi, la France enregistre son pire taux de chômage depuis la crise du Covid-19. Avec 8,3% au deuxième trimestre 2026, le pays enchaîne sa sixième hausse consécutive. Un désaveu cinglant pour un gouvernement qui avait fait du plein-emploi son étendard. Pire encore, la loi censée combattre le chômage a aggravé la situation des plus vulnérables. 2,7 millions de personnes se retrouvent aujourd’hui sans emploi, soit 62 000 de plus qu’au trimestre précédent.
Chômage : l’effondrement d’une promesse présidentielle
2017 : la promesse du plein-emploi
Emmanuel Macron avait fait du plein-emploi sa grande ambition. En 2017, fraîchement élu, le candidat d’En Marche promettait de ramener le taux de chômage à 5% d’ici 2027. Un objectif ambitieux, répété à chaque intervention publique, martelé comme la preuve d’une rupture avec les échecs des quinquennats précédents. La France devait enfin tourner la page du chômage de masse, retrouver sa compétitivité, renouer avec la croissance. Les réformes s’enchaînaient : loi Travail, ordonnances, assurance chômage durcie. Le narratif gouvernemental était simple : libérer l’économie pour créer des emplois.
2026 : le retour à la réalité
Neuf ans plus tard, la réalité rattrape brutalement l’exécutif. Non seulement l’objectif de 5% s’éloigne, mais le chômage repart à la hausse. Selon l’INSEE, 8,3% de la population active se trouve aujourd’hui sans emploi, un niveau inédit depuis l’automne 2020, en pleine pandémie. Six trimestres consécutifs de dégradation : du jamais vu sous ce quinquennat. Le nombre de chômeurs bondit de 62 000 personnes en trois mois seulement. Toutes les tranches d’âge subissent la dégringolade : les 15-24 ans atteignent 21,6% (+0,4 point), les 25-49 ans grimpent à 7,5% (+0,2 point), les plus de 50 ans à 5,5% (+0,3 point). L’échec est total, mathématique, indiscutable.
La loi pour le plein-emploi : un échec programmé
Janvier 2025 : une loi qui gonfle les statistiques de chômage
Le gouvernement pensait avoir trouvé la solution miracle avec sa loi pour le plein-emploi, entrée en vigueur en janvier 2025. Inscription automatique des bénéficiaires du RSA et des jeunes de 15 à 29 ans sur les listes des demandeurs d’emploi : l’idée semblait louable sur le papier. Accompagner davantage, mieux cibler, renforcer le suivi. Résultat ? Un effet statistique désastreux. Plutôt que de réduire le chômage réel, la mesure a mécaniquement gonflé les chiffres officiels. L’INSEE le reconnaît sans détour : « Les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage. »
Effet pervers : les RSA et jeunes pénalisés par le gouvernement
Derrière les statistiques, des vies basculent. Les allocataires du RSA et les jeunes sans qualification se retrouvent propulsés dans les catégories officielles de chômeurs, sans que leur situation concrète ne s’améliore. Aucun poste supplémentaire créé, aucune formation renforcée, aucun dispositif d’insertion efficace. Simplement un changement de case administrative. Le gouvernement comptabilise désormais officiellement des populations qu’il ignorait auparavant, sans leur offrir de perspectives réelles. Pire, cette inflation artificielle masque l’absence totale de politique industrielle, d’investissement dans les secteurs porteurs, de soutien aux entreprises qui recrutent vraiment. La loi pour le plein-emploi révèle surtout le plein échec d’une approche purement comptable du chômage.
Une absence de cap politique depuis la dissolution de 2024
Les entreprises ont arrêté de recruter
Les chiffres de France Travail sont sans appel : les intentions de recrutement chutent de 6,5% en 2026 par rapport à 2025. Les entreprises ne croient plus au discours gouvernemental. Depuis la dissolution de 2024, aucune vision claire, aucun cap stratégique, aucune réforme structurante. Les employeurs attendent, suspendent leurs projets, gèlent leurs embauches. La confiance s’effondre. À cela s’ajoutent les chocs externes : conflit entre les États-Unis et l’Iran, dérèglement des chaînes logistiques, envolée du prix du pétrole. Mais le contexte international n’explique pas tout. D’autres pays européens résistent mieux. La France, elle, accumule les handicaps : déficit public record, absence de réformes, instabilité politique chronique. Les entreprises préfèrent attendre des jours meilleurs, quitte à affronter d’autres crises climatiques et économiques.
Aucune vision, aucune perspective
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, tente de sauver les apparences : « Malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste. Notre responsabilité est de poursuivre cette dynamique en relevant les trois grands défis de l’emploi. » Des mots creux, une communication hors-sol. Quelle dynamique ? Quelle résistance ? Six trimestres de hausse consécutive démontrent exactement l’inverse. Le gouvernement navigue à vue, incapable de proposer une stratégie cohérente. Les budgets 2027 s’annoncent catastrophiques, les arbitrages budgétaires impossibles. Pendant ce temps, l’Europe tente de redéfinir ses priorités, mais la France reste à la traîne. Aucune embellie n’est attendue avant la fin du quinquennat. Le plein-emploi promis en 2017 restera un slogan vide.








