FMI : l’intelligence artificielle sauve la croissance mondiale

Le FMI relève ses prévisions de croissance mondiale à 3,1% pour 2026, malgré les tensions géopolitiques et la crise énergétique. L’institution attribue cette résilience inattendue au boom des investissements dans l’Intelligence artificielle, qui compense partiellement les effets de la guerre au Moyen-Orient.

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Inflation et croissance en France : les prévisions de l’Insee
FMI : l’intelligence artificielle sauve la croissance mondiale © www.nlto.fr

Le Fonds monétaire international (FMI) a publié son rapport semestriel sur les perspectives de l’économie mondiale, avec des conclusions inattendues. Bien que le contexte géopolitique soit tendu, notamment à cause de la guerre au Moyen-Orient et de son impact sur les marchés de l’énergie, l’institution de Washington a légèrement relevé ses prévisions de croissance pour 2026. Ce changement est attribué à l’essor des investissements dans l’Intelligence artificielle, qui compense partiellement les effets négatifs de la crise énergétique.

Lors de l’assemblée annuelle à Bangkok, le 13 octobre 2026, Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a présenté des chiffres indiquant une résilience économique notable, bien que fragile. La croissance mondiale est maintenant prévue à 3,1% en 2026, contre 3% en juillet dernier. Pour 2027, les prévisions restent à 3,4%.

L’inflation mondiale devrait atteindre 4,7% cette année, principalement en raison de la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, avant de diminuer à 4,1% en 2027. Selon BFM TV, Kristalina Georgieva a déclaré : « C’est cette accélération qui permet à l’économie mondiale de continuer à croître à un rythme d’environ 3%, malgré le choc lié à l’approvisionnement énergétique. »

L’Intelligence artificielle, moteur inattendu de la croissance

Le rapport du FMI identifie l’explosion des investissements dans l’Intelligence artificielle comme le principal moteur de soutien à l’activité économique mondiale. Les dépenses massives, estimées entre 660 et 690 milliards de dollars pour 2026, créent un « choc de la demande » particulièrement bénéfique pour les économies asiatiques. Taïwan et la Corée du Sud en sont les principaux bénéficiaires, avec des taux de croissance impressionnants : 10,7% pour Taïwan et 3,3% pour la Corée du Sud, cette dernière ayant atteint seulement 1,1% en 2025.

D’après l’agence Yonhap, le ministère sud-coréen des Finances a salué une révision à la hausse de 0,7 point, dépassant le relèvement moyen pour les 41 économies avancées selon le FMI. Les exportations de semi-conducteurs et d’équipements pour l’IA représentent désormais plus de 10% du commerce mondial de marchandises.

Pour les économies asiatiques avancées, le gain de croissance lié à l’IA est évalué entre 0,5 et 1 point de pourcentage. Les économies émergentes d’Asie bénéficient d’un effet plus modeste, entre 0,2 et 0,8 point. Kristalina Georgieva a souligné que la Thaïlande, pays hôte des réunions du FMI, est un fournisseur stratégique d’infrastructures technologiques.

Une résilience sous tension face aux chocs énergétiques

La résilience économique a un coût. Le rapport « Resilience Under Strain, Urgent Choices » met en garde contre l’épuisement progressif des marges de manœuvre. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les stocks stratégiques de pétrole ont été massivement utilisés. En mars 2026, l’Agence internationale de l’énergie a libéré des réserves d’urgence, atteignant un niveau jamais vu auparavant. Les réserves stratégiques américaines sont au plus bas depuis 1982.

Les réserves mondiales de pétrole diminuent de 2,7 millions de barils par jour, atteignant des seuils critiques pouvant entraîner des fluctuations brutales des prix. Le détroit d’Ormuz, essentiel au commerce pétrolier mondial, devrait rouvrir en mars 2027, avec un retour à la normale en octobre 2027. En septembre, les exportations de brut du Golfe étaient à 88% de leurs niveaux d’avant-conflit.

« Sans renforcement des capacités d’approvisionnement et reconstitution des réserves, l’économie mondiale pourrait bientôt tester les limites de sa résilience« , avertit le rapport. « Les stocks sur les marchés de l’énergie diminuent et des chocs géopolitiques supplémentaires pourraient encore se propager rapidement à travers les prix et les perturbations d’approvisionnement. »

La zone euro entre espoirs et inquiétudes

Pour la zone euro, les perspectives s’améliorent légèrement, avec une croissance attendue à 1,1% en 2026, soit 0,2 point de plus qu’en juillet, et 1,2% en 2027. L’Allemagne, première économie européenne, voit ses prévisions fortement relevées : 1,3% en 2026 (+0,6 point) et 1,1% en 2027 (+0,1 point). L’Espagne confirme son dynamisme avec 2,5% cette année (+0,4 point) avant un ralentissement à 1,8% en 2027. L’Italie voit également ses prévisions relevées à 0,8% pour 2026 (+0,3 point) et 0,6% pour 2027 (+0,1 point).

La France, en revanche, est confrontée à des difficultés budgétaires persistantes et ne devrait progresser que de 0,4% en 2026 et 0,7% en 2027, avec une révision en baisse de 0,2 point chaque année. Cette performance contraste avec ses partenaires européens et reflète les contraintes structurelles de l’économie française.

L’inflation dans la zone euro devrait atteindre 3,1% en 2026 et 2,8% en 2027, restant au-dessus de l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne. Les prix élevés de l’énergie et la faible confiance des consommateurs pèsent sur la reprise européenne.

Des risques orientés à la baisse

Le FMI souligne que les risques pesant sur l’économie mondiale restent « orientés à la baisse ». Des facteurs de vulnérabilité incluent un possible enlisement des conflits au Moyen-Orient ou en Ukraine, maintenant les prix de l’énergie et de l’alimentation élevés. D’autres menaces incluent des perturbations des infrastructures énergétiques, des cyberattaques ou des événements climatiques extrêmes.

Une réévaluation brusque des perspectives liées à l’Intelligence artificielle pourrait entraîner une correction boursière majeure. Des vulnérabilités budgétaires et de nouvelles tensions commerciales pèsent également. La concentration de la croissance dans un nombre restreint d’économies accentue les fragilités, 32 pays générant désormais 95% de la croissance mondiale, contre 54 en avril.

Le rapport estime à 35% la probabilité que l’inflation mondiale dépasse 5% en 2027, contre 30% en avril. Un scénario combinant une perte de crédibilité budgétaire et monétaire dans les grandes économies avec une hausse des prix des matières premières réduirait fortement la croissance mondiale en 2027, avec une inflation significativement plus élevée.

L’IA, une révolution à double tranchant

Bien que l’Intelligence artificielle soutienne actuellement la croissance, elle menace aussi l’emploi. Selon le FMI, environ 40% des emplois mondiaux seront affectés à terme. Kristalina Georgieva a décrit cette transformation comme un « tsunami qui avance lentement » à Bangkok.

L’impact varie selon le niveau de développement : 60% des emplois sont concernés dans les pays riches, contre 23% dans les pays pauvres. Une étude montre que 10% des emplois aux États-Unis nécessitent déjà des compétences en IA. Comme le rapporte Clubic, les jeunes entrant sur le marché du travail ressentent les premiers effets de la mutation, certains postes étant remplacés par des agents IA.

Le président de Singapour, Tharman Shanmugaratnam, présent à Bangkok, a mis en garde contre un problème préoccupant : « Le premier échelon de l’emploi connaît aujourd’hui une baisse de la demande. » Il a averti que l’IA pourrait créer « une nouvelle divergence » entre économies développées et en développement si les gouvernements restent passifs.

Des marges budgétaires dangereusement réduites

L’autre préoccupation majeure du FMI concerne les finances publiques. La dette publique dans les économies avancées devrait atteindre 115% du PIB d’ici 2031, contre 108% en 2025. Dans les économies émergentes, elle passerait de 74% à 84%. Les déficits primaires des grandes économies restent bien au-dessus des niveaux d’avant la pandémie.

Les taux d’intérêt réels élevés et la réduction des échéances de la dette publique aggravent la situation, tandis que les dépenses de défense augmentent dans de nombreux pays. Kristalina Georgieva a exhorté les gouvernements à « resserrer leurs ceintures » face à l’endettement croissant. « Nous ne pouvons pas continuer à retarder les actions politiques nécessaires, vous avez les outils, ayez maintenant la sagesse de les utiliser », a-t-elle déclaré.

Le rapport recommande aux gouvernements de mettre en place des plans d’ajustement budgétaire crédibles, combinant des améliorations des recettes avec une rationalisation des dépenses. Tout soutien visant à atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation doit être temporaire et ciblé, sans compromettre les objectifs de viabilité budgétaire.

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