Les 10 et 11 octobre 2026, l’aéroport international King Khalid de Riyad a été la cible d’une série d’attaques revendiquées par les rebelles houthistes du Yémen, faisant 13 morts et plus de 320 blessés. Ces frappes qui ont frappé l’infrastructure civile en pleine journée marquent une intensification du conflit yéménite. Depuis 2015, les insurgés pro-iraniens combattent les forces gouvernementales soutenues par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Jamais la capitale saoudienne n’avait subi une telle violence.
L’importance et la fréquence de ces assauts mettent en lumière les failles du système de défense antiaérienne saoudien, pourtant réputé sophistiqué. Alors que Riyad intensifie son intervention militaire au Yémen pour contrer l’offensive houthiste lancée en septembre, le royaume découvre sa vulnérabilité face à un ennemi déterminé et bien équipé. Les tensions militaires régionales s’accentuent et le Moyen-Orient n’est pas épargné.
Samedi 10 octobre : un missile frappe en plein après-midi
Vers 15 heures, heure locale, un missile frappe le terminal passagers de l’aéroport international King Khalid. Une source diplomatique citée par l’AFP souligne que « les Houthis attaquent des cibles civiles. L’aéroport de Riyad est une cible civile ». Les premières minutes sont chaotiques. Un témoin décrit : « J’ai vu des blessés. Tout le monde courait ». Des colonnes de fumée s’élèvent au-dessus des installations, tandis que les sirènes d’ambulances résonnent dans toute la ville.
Le nombre de victimes augmente au fil des heures. L’autorité de l’aviation civile saoudienne rapporte d’abord des dizaines de blessés évacués par hélicoptère vers divers hôpitaux de Riyad. Quelques heures plus tard, le bilan s’élève à 12 morts et 309 blessés, incluant des ressortissants de plusieurs pays. Le lendemain, un treizième décès, celui d’un citoyen indien, est confirmé par l’ambassade de New Delhi.
Les autorités saoudiennes signalent de nombreuses blessures graves. Des médecins sont appelés en urgence pour gérer ce que l’un d’eux décrit comme une « situation d’urgence grave ». L’aéroport est évacué et fermé, interrompant le trafic aérien dans la première économie du Golfe. Selon FlightRadar24, le dernier vol commercial a atterri à 14h05, peu avant l’impact.
Nuit d’inquiétude et nouvelles menaces
Samedi soir, la coalition menée par l’Arabie saoudite annonce qu’un projectile est tombé près de l’aéroport de Dammam, à l’est du pays. Avec celui de Djeddah, ces infrastructures deviennent des alternatives pour les voyageurs évitant Riyad. L’attaque contre Dammam illustre la stratégie des Houthis : frapper simultanément plusieurs sites pour accroître la pression sur le royaume.
La réaction mondiale est rapide. Le président américain Donald Trump déclare : « Ce qui s’est passé n’est pas acceptable ». Interrogé sur une éventuelle participation militaire américaine, il répond : « Nous pourrions. Nous allons examiner cela ». Selon Newsweek, Trump envisage de frapper directement l’Iran ou de cibler les infrastructures rebelles au Yémen.
L’Union européenne, à travers Ursula von der Leyen, condamne une « escalade dangereuse ». L’Allemagne, le Canada, l’Espagne et la France déconseillent à leurs ressortissants de voyager via Riyad. La France avait déjà émis un avertissement, recommandant d’éviter la capitale saoudienne sauf en cas de nécessité impérieuse.
Dimanche 11 octobre : l’escalade continue
Le dimanche, le général Turki Al-Malki annonce qu’un « projectile non identifié » a frappé le terminal 4 de l’aéroport King Khalid, provoquant un incendie. Les défenses saoudiennes interceptent un missile de croisière près de l’aéroport, mais l’attaque initiale a atteint sa cible, causant un mort et 11 blessés selon l’autorité de l’aviation civile.
Plus d’une heure après l’attaque, deux explosions sont entendues dans le centre de Riyad. La nature de ces détonations reste incertaine, ajoutant à l’angoisse d’une population désormais consciente de sa vulnérabilité. Les habitants vivent pour la première fois la réalité de la guerre, précédemment confinée aux frontières sud du royaume.
Les Houthis revendiquent quatre « opérations d’envergure » en 24 heures. Leur porte-parole, Yahya Saree, précise avoir utilisé missiles balistiques, de croisière et drones. Outre Riyad, ils affirment avoir frappé des installations d’Aramco et l’aéroport de Dammam.
Infrastructures paralysées, économie sous pression
La fermeture de l’aéroport de Riyad jusqu’au lundi 12 octobre perturbe le trafic aérien saoudien. Des centaines de vols sont annulés ou retardés. Kuwait Airways annule deux vols vers Koweït. Octobre marque le début de la haute saison pour l’Omra, attirant des millions de musulmans vers La Mecque et Médine.
Les Houthis renouvellent leur avertissement aux voyageurs et compagnies aériennes : les aéroports saoudiens ne sont « pas sûrs, à l’exception » de ceux de La Mecque et Médine. « Nous exhortons tout le monde à prendre nos avertissements au sérieux », affirment-ils, tenant l’Arabie saoudite responsable de toute interception ratée.
Les autorités saoudiennes suspendent les cours en présentiel à Riyad, optant pour l’enseignement à distance. Une conférence internationale sur l’énergie se tient néanmoins à proximité de l’aéroport, avec le ministre italien de l’Énergie participant par visioconférence.
Pressions diplomatiques et militaires sur la coalition
La coalition saoudienne dénonce un « crime de guerre » et promet une riposte « ferme ». Selon les forces gouvernementales yéménites, les Saoudiens ont mené 124 frappes aériennes en 24 heures contre des sites houthis, sans affecter leur capacité opérationnelle.
Le ministère des Affaires étrangères houthi avertit que toute action saoudienne au Yémen entraînera une réponse plus forte. Pour l’Arabie saoudite, ces attaques constituent un revers diplomatique et militaire, remettant en question sa réputation de puissance régionale.








