Jensen Huang a fait sensation à Paris. Le 13 octobre, le PDG de Nvidia a annoncé que son entreprise devenait actionnaire minoritaire de Doctolib, une plateforme française de rendez-vous médicaux. L’objectif est de stimuler le développement de l’intelligence artificielle en santé. En parallèle, Nvidia a investi dans trois autres start-ups françaises d’IA : Genesis AI, Pigment et Entalpic, soulignant son engagement envers la technologie européenne.
Devant de nombreuses personnalités de la tech française et plusieurs ministres, notamment Roland Lescure et Anne Le Hénanff, Jensen Huang a révélé que Nvidia avait déjà investi 8 milliards de dollars en Europe l’année dernière, avec 2 milliards supplémentaires prévus en 2026, selon Sud Ouest. L’entreprise américaine souhaite ainsi renforcer sa présence sur le continent.
La journée s’est terminée à l’Élysée, où Emmanuel Macron a rencontré Jensen Huang. Sur X, le président a salué l’engagement de Nvidia pour soutenir la recherche ouverte en Europe, soulignant l’importance d’une IA sûre et ouverte pour la souveraineté européenne.
Participation symbolique mais stratégique
Nvidia devient actionnaire minoritaire de Doctolib, sans siège au conseil d’administration. Stanislas Niox-Château, cofondateur de Doctolib, n’a pas révélé le montant exact de l’investissement ni la valorisation actuelle de l’entreprise. En mars 2022, Doctolib était valorisée à 5,8 milliards d’euros, mais sa valeur avait chuté à 3,6 milliards au printemps dernier. Malgré cela, Doctolib affiche une santé financière robuste avec 422 millions d’euros de revenus annuels récurrents en 2025 et une rentabilité atteinte. Avec une vaste base d’utilisateurs à travers l’Europe, Doctolib est bien positionné pour intégrer de nouvelles technologies IA. L’investissement de Nvidia valide cette stratégie et apporte un soutien technologique important.
Selon Maddyness, Stanislas Niox-Château a exprimé sa satisfaction vis-à-vis de l’opération : « Cet investissement de Nvidia accélérera nos recrutements et nos développements IA, reconnaissant le travail de nos équipes. » Nvidia fournira également son expertise pour aider Doctolib dans le développement de ses modèles d’IA en Europe, assurant ainsi la souveraineté des données.
Vers une IA autonome et contrôlée
Doctolib vise à créer des modèles d’IA indépendants des grands groupes comme OpenAI. Stanislas Niox-Château a précisé que Doctolib utiliserait « la technologie Nvidia pour développer une IA souveraine, entraînée et contrôlée en interne ». Déjà partenaire de Nvidia depuis un an, Doctolib a lancé un laboratoire d’IA avec 20 millions d’euros pour développer des outils destinés à alléger le travail administratif des professionnels de santé. Un assistant de consultation basé sur la reconnaissance vocale est déjà opérationnel, et l’entreprise ambitionne de passer aux tâches cliniques d’ici 2027-2028.
Côté patients, un assistant personnel de santé, déjà testé par 400 000 Français, sera disponible d’ici 2027 pour accompagner les usagers dans leur parcours de soins. L’apport de Nvidia devrait accélérer ces développements.
Nvidia appelle l’Europe à entrer dans la compétition
Lors de sa tournée européenne, Jensen Huang a souligné le retard de l’Europe dans l’IA, exhortant le continent à s’engager davantage. En plus de Doctolib, Nvidia a investi dans Genesis AI, Pigment et Entalpic, illustrant sa stratégie de diversification dans l’écosystème de l’IA. En septembre, Nvidia a également pris le contrôle de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars, renforçant ainsi sa présence en Europe.









