COP30 : encore une grande messe écologique pour sauver le monde… à coups de buffets traiteurs et de selfies diplomatiques.

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El Niño réapparaît : le mystère du climat ressurgit après sept ans de silence
COP30 : encore une grande messe écologique pour sauver le monde… à coups de buffets traiteurs et de selfies diplomatiques. © www.nlto.fr

Bienvenue à Belém, au cœur de l’Amazonie, là où la planète s’éteint lentement sous un soleil à 40 °C pendant que les puissants se congratulent sous la climatisation. C’est la COP30, la trentième du nom. Trente éditions, trente sommets, trente occasions manquées de faire autre chose que parler d’“urgence climatique” entre deux vols en jet privé. Trente ans de réunions pour conclure que, finalement, il faudrait peut-être agir, mais plus tard, quand ce sera moins contraignant pour la croissance. Cette année encore, les grands dirigeants arrivent en cortège officiel, avec leurs promesses recyclées et leurs discours biodégradables. On parle de “neutralité carbone” en distribuant des tote-bags en coton bio, on applaudit les géants pétroliers pour leurs “efforts de transition”, on félicite les pays qui plantent trois arbres après en avoir rasé trois millions. Et tout le monde repart avec sa photo dans l’Amazonie — un filtre vert, un mot-clé, et hop, la planète va mieux. Pendant ce temps, António Guterres répète qu’“échouer à tenir la barre des 1,5 °C serait un échec moral”. Et il a raison. Mais qui écoute encore ? Les chiffres sont connus : on file droit vers +2,5 °C, les glaciers fondent, les forêts s’embrasent, et les négociateurs climat se félicitent d’avoir trouvé un accord sur… le calendrier de la prochaine réunion.

Ah, la COP30, ce moment magique où la bonne conscience mondiale vient se faire un lifting sous les tropiques. Lula promet “une nouvelle défaite pour les négationnistes” : on applaudit. Puis on oublie. Les négationnistes ne sont plus le problème : ils ont gagné par abandon général. Aujourd’hui, tout le monde “croit” au climat, mais plus personne n’y “agit”. La foi sans les œuvres. Les pays du Sud réclament les financements promis ? Silence. L’Europe veut des engagements concrets ? Silence. Les États-Unis regardent ailleurs ? Silence aussi. Mais qu’importe, les communiqués de presse parleront d’un “sommet historique”. Comme les vingt-neuf précédents. Au fond, la COP30, c’est la grande liturgie d’une religion paradoxale : celle du “sauver la planète sans rien changer”. Chaque année, les fidèles se réunissent, confessent leurs péchés écologiques, jurent de consommer mieux, puis repartent acheter une nouvelle voiture électrique et un billet d’avion pour les vacances.

Et quand tout sera trop tard, quand la forêt de Belém sera un souvenir et que les conférences se tiendront sur des plateformes flottantes, on organisera sans doute une COP50, pour “tirer les leçons du passé”. En mode durable, évidemment.

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