Publié le 2 décembre 2025, le rapport semestriel de l’OCDE Perspectives économiques annonce un fléchissement de la croissance mondiale : après +3,2 % attendus en 2025, la progression du PIB ralentirait à +2,9 % en 2026. Cette décélération ne touche pas toutes les régions avec la même intensité. Tandis que les pays émergents, surtout asiatiques, demeurent dynamiques, les économies riches montrent des signes d’essoufflement. Cette tendance nourrit un écart structurel croissant.
L’économie mondiale ralentit, les fragilités s’accumulent
L’OCDE constate que l’activité économique mondiale, bien que plus résiliente que prévu en 2025, entre dans une phase de modération. Selon le rapport, « la croissance du PIB mondial devrait ralentir, passant de 3,2 % en 2025 à 2,9 % en 2026, avant de se redresser légèrement à 3,1 % en 2027 ». Parmi les causes identifiées : la montée des droits de douane effectifs, pesant sur les échanges et les investissements. L’organisation alerte : « l’activité à court terme devrait se tasser à mesure que la hausse des taux de droits de douane effectifs se répercutera progressivement sur l’économie ».
L’OCDE note également une persistance des incertitudes géopolitiques et des tensions autour des finances publiques, notamment dans les économies avancées. Cette conjoncture défavorable affecte d’abord les pays riches. Les indicateurs du marché du travail se dégradent, baisse des emplois vacants, érosion de la confiance, tandis que la pression sur les taux d’intérêt à long terme alourdit la charge de la dette.
Les pays riches en stagnation : des moteurs économiques grippés
Dans les pays de l’OCDE, la croissance ralentit plus fortement. Le dynamisme des années post-pandémie a laissé place à une forme de stagnation, alimentée par des fondamentaux fragiles. La zone euro affiche une croissance en berne. En France, par exemple, le PIB ne progresserait que de +0,8 % en 2025 selon les dernières prévisions de Bercy et l’OCDE confirme la faiblesse de la reprise.
En cause : une conjoncture politique instable, un investissement atone, et des coûts énergétiques toujours élevés. Aux États-Unis, malgré un ralentissement progressif, l’économie résiste mieux grâce à l’investissement privé et au soutien de l’intelligence artificielle. Toutefois, les tensions sur les prix — accentuées par les tarifs douaniers — freinent la consommation des ménages.
Pays émergents : des perspectives solides malgré les turbulences
À l’inverse, l’OCDE souligne que « les économies asiatiques émergentes resteront les principaux moteurs de la croissance mondiale ». La Chine, même en ralentissement, conserve une trajectoire robuste, tandis que l’Inde poursuit une expansion portée par la demande intérieure et l’urbanisation. Ces pays bénéficient de plusieurs atouts : une population jeune, des marges budgétaires plus larges, et une intégration croissante dans les chaînes de valeur numériques.
Malgré la volatilité des marchés, ils attirent toujours davantage d’investissements, notamment dans l’IA, les infrastructures vertes et les services. Selon l’OCDE, la résilience de ces économies tient aussi à « l’orientation des politiques macroéconomiques » qui favorisent la relance ciblée et la stabilité monétaire.








