États-Unis : 25 000 migrants expulsés vers des pays tiers

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États-Unis : 25 000 migrants expulsés vers des pays tiers
États-Unis : 25 000 migrants expulsés vers des pays tiers © www.nlto.fr

Carlos Telles Sanchez, Vénézuélien protégé par une décision judiciaire américaine, a été expulsé au Liberia en août 2026 par l’administration Donald Trump. Séparé de son fils de cinq mois, il fait partie des 25 000 migrants expulsés vers des pays tiers sans lien avec leur nationalité. Parallèlement, 25 000 visas de chauffeurs routiers mexicains ont été révoqués, provoquant un blocage commercial de 800 millions de dollars par jour à la frontière.

Carlos Telles Sanchez est assis dans une petite chambre à Marshall, au Liberia, pensant à son fils de cinq mois resté à Dallas, qu’il n’a jamais rencontré. En août 2026, l’ICE l’a expulsé vers ce pays d’Afrique de l’Ouest, malgré une protection judiciaire accordée en octobre 2021 pour éviter son renvoi au Venezuela. Ignorant cette décision, l’administration de Donald Trump l’a forcé à embarquer avec 14 autres migrants pour le Liberia. Le Monde souligne que son histoire met en lumière les incohérences d’un système qui bafoue les droits fondamentaux sous couvert d’une politique migratoire massive.

Carlos Telles Sanchez : le cauchemar d’une expulsion arbitraire

Fuyant le Venezuela, il obtient une protection judiciaire… puis est expulsé malgré tout

En 2021, Carlos Telles Sanchez quitte le Venezuela pour échapper aux persécutions politiques. Installé à Dallas, il commence à régulariser sa situation. Un juge de l’immigration suspend son expulsion vers le Venezuela en reconnaissant le danger qu’il y encourt. Malgré cette victoire, l’ICE l’arrête et l’expulse vers le Liberia le 20 août 2026, un pays qu’il découvre lors de l’annonce de son vol. « Le Liberia ? J’ai d’abord pensé que c’était un État américain », raconte-t-il. L’administration Trump a signé des accords avec 35 pays pour transférer des migrants vers des « pays tiers ». Le Liberia a accepté, contrairement à la Côte d’Ivoire qui a refusé.

Séparé de son fils de cinq mois : « Le regard perdu dans le vide »

« Le regard perdu dans le vide, Carlos Telles Sanchez pense à son fils resté aux États-Unis. » Ce passage de Le Monde illustre la brutalité du système. Sa compagne, également vénézuélienne, vit à Dallas avec leur enfant. Carlos ignore quand, ou si, il pourra le rencontrer. Les autorités américaines ne lui ont donné aucune information sur ses droits ou perspectives de retour. L’ICE a ignoré la décision judiciaire de 2021, procédant à l’expulsion sans préavis ni recours possible. Carlos fait partie des 25 000 personnes expulsées vers des pays tiers depuis début 2026, d’après Franceinfo.

Au Liberia sans ressources, sans lien, sans avenir

À Marshall, Carlos est hébergé temporairement par les autorités libériennes. Il ne parle pas la langue locale et n’a aucune ressource financière. Les 14 autres migrants avec lui, venus du Honduras et du Nicaragua, sont dans la même situation. Aucun n’a de lien avec le Liberia et ne comprend pourquoi il s’y trouve. Les autorités libériennes, débordées, n’ont pas de plan à long terme. Le gouvernement américain ne finance aucun programme d’intégration. Ces migrants sont abandonnés sans perspective de retour. L’absurdité atteint son paroxysme : des Sud-Américains fuyant des régimes autoritaires sont expulsés en Afrique par une administration prétendant défendre les valeurs démocratiques.

Un système d’expulsion qui ignore les droits fondamentaux

25 000 personnes expulsées vers des pays qu’elles ne connaissent pas

Le cas de Carlos n’est pas unique. Depuis janvier 2026, l’administration Trump a expulsé plus de 25 000 étrangers vers des « pays tiers », sans lien avec leur nationalité ou parcours migratoire. Ce système repose sur des accords bilatéraux avec 35 pays, principalement en Afrique et en Amérique centrale, comme le Liberia, le Rwanda et l’Ouganda. En échange, Washington promet des aides économiques et des accords commerciaux. Mais 49 pays africains sollicités ont refusé, dont la Côte d’Ivoire. Cette politique crée un système parallèle où les migrants deviennent des pions géopolitiques. L’ICE arrête environ 50 000 personnes par mois durant l’été 2026, avec un objectif interne de doubler ces chiffres d’ici la fin de l’année.

Les décisions judiciaires ? Ignorées. Les droits humains ? Piétinés.

Avec Carlos, même les décisions de justice ne protègent plus les migrants. Un juge a suspendu son expulsion en 2021, mais l’ICE l’expulse quand même vers un autre pays. Ainsi, l’administration Trump contourne les protections juridiques. Le migrant est chassé des États-Unis mais pas vers son pays d’origine initialement visé, prétendant ainsi respecter la décision judiciaire. Les organisations de défense des droits humains dénoncent ces violations du droit d’asile et du principe de non-refoulement. L’administration Trump accélère sa politique, insensible aux critiques.

Le vide juridique qui permet l’arbitraire

Comment l’ICE applique les règles de cabotage de manière rétroactive et discrétionnaire

La politique d’expulsion de Donald Trump ne touche pas seulement les migrants sans papiers. En septembre 2026, 25 000 chauffeurs routiers mexicains voient leurs visas B-1 révoqués, accusés de violer les lois sur le cabotage, qui interdisent aux transporteurs étrangers d’effectuer des trajets internes aux États-Unis. Cependant, ces chauffeurs opèrent légalement depuis des années. Les autorités appliquent désormais ces règles rétroactivement et arbitrairement. Un chauffeur peut perdre son visa pour avoir livré une cargaison à Los Angeles avant de repartir vers la frontière. Selon le World Socialist Web Site, cette interprétation vise à expulser les travailleurs mexicains et fragiliser les chaînes d’approvisionnement transfrontalières.

« Si tu respires l’air des gringos, c’est du cabotage » : l’absurdité des accusations

Un chauffeur mexicain résume la situation : « Si tu respires l’air des gringos, c’est du cabotage. » Cette phrase, rapportée par le WSWS, montre l’arbitraire qui règne. Les agents de l’ICE et du ministère des Transports décident au cas par cas, sans critères clairs, qui peut garder son visa. Un conducteur peut traverser la frontière pendant des années sans problème, puis être accusé de cabotage illégal pour un trajet identique. Cette incertitude paralyse des milliers de travailleurs. Beaucoup renoncent à franchir la frontière par peur de perdre leur visa. Les entreprises américaines, notamment dans l’agriculture et la logistique, subissent cette politique. « Il n’y a plus personne pour travailler », déplorent les employeurs face à une pénurie de main-d’œuvre.

La résistance s’organise : quand les travailleurs se lèvent

Le blocage de Calexico : 300 camionneurs contre le système

En septembre 2026, plus de 300 chauffeurs routiers mexicains bloquent pendant quatre jours le passage Mexicali-Calexico, l’un des plus importants entre les États-Unis et le Mexique. Ils demandent l’annulation des révocations de visas B-1 et la fin de l’application arbitraire des règles de cabotage. Le blocage paralyse le commerce transfrontalier, stoppant un flux quotidien de 800 millions de dollars de marchandises.

Les entreprises américaines perdent 150 millions de dollars par jour. Les camions s’accumulent des deux côtés de la frontière, et les autorités paniquent. Le 6 septembre, après une réunion entre représentants mexicains, patronat et délégués des conducteurs, le blocage est levé. Mais les chauffeurs avertissent : « Si rien ne change et que les visas continuent d’être révoqués, nous agirons de nouveau. »

« La prochaine fois, ce sera d’une tout autre ampleur » : la menace d’une escalade

Les représentants des conducteurs affichent leur détermination. « La prochaine fois, ce sera plus organisé et d’une tout autre ampleur », préviennent-ils dans un communiqué sur les réseaux sociaux. Allen Verdugo, influenceur TikTok et porte-parole des camionneurs, appelle à une mobilisation massive si les révocations de visas continuent. Le blocage de septembre a révélé la vulnérabilité du système économique américain face à une grève coordonnée des travailleurs transfrontaliers. Les chaînes d’approvisionnement, déjà fragilisées par les tensions commerciales avec le Canada, ne supporteraient pas un nouveau blocage prolongé.

Les entreprises américaines, prises entre les exigences de l’ICE et la réalité économique, réclament un assouplissement des règles. Mais l’administration Trump reste inflexible. La politique migratoire prime sur les considérations économiques. Même si le coût des expulsions atteint 410 millions de dollars, et bien que les entreprises perdent des millions, le système continue. Carlos Telles Sanchez, lui, attend toujours au Liberia, sans nouvelles de son fils, victime d’une politique migratoire aveugle.

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