Face au mur de la dette, le Premier ministre François Bayrou vient de tirer la sonnette d’alarme en France. À l’échelle de l’Europe, les pays membres vont encore beaucoup emprunter en 2026, jusqu’à 1 500 milliards d’euros.
L’Union européenne s’enfonce dans la dette
Les prévisions des économistes de Barclays, révélées par Les Échos, jettent un froid : les États européens pourraient devoir lever 1 500 milliards d’euros en 2026. Une estimation qui soulève une question urgente : le continent peut-il continuer à financer son modèle économique à crédit ? Ce n’est plus une simple inquiétude. C’est un mur. Un mur d’obligations souveraines et de dettes qui s’approche inexorablement. D’après la banque Barclays, les émissions totales de dettes publiques en Europe s’élèveraient à 1 500 milliards d’euros l’an prochain. En clair, les gouvernements devront lever 100 milliards de plus qu’en 2025.
Le cœur du problème ? Il est double. D’une part, près de 1 000 milliards d’euros seront nécessaires pour rembourser des dettes arrivant à échéance. D’autre part, 530 milliards d’euros devront être trouvés pour couvrir les nouveaux besoins : déficits à combler, politiques à financer, investissements militaires à anticiper. Signe aggravant : la Banque centrale européenne a mis fin à ses achats de dettes sur les marchés. Fini le temps où Francfort jouait les amortisseurs. Désormais, les États devront séduire les investisseurs privés à n’importe quel prix.
La France, championne européenne de l’endettement
Dans ce ballet désordonné de milliards, la France s’impose en tête. Pour François Bayrou, le constat est sans appel : « Notre dette augmente de plus de 150 milliards par an. Chaque seconde qui passe, la dette augmente de 5 000 euros. » Le gouvernement vise pourtant un déficit à 4,6 % du PIB en 2026, selon la feuille de route dévoilée par le Premier ministre. Las, cela ne suffira pas à desserrer l’étau. Bercy prévoit de reconduire son programme d’emprunt à 300 milliards d’euros, voire plus si les investisseurs suivent.
Les projections de Barclays annoncent 380 milliards d’euros levés sur les marchés pour 2025. Ce chiffre intègre les rachats anticipés effectués par l’Agence France Trésor (AFT), une stratégie destinée à soulager les échéances de 2027 et 2028. En 2026, la France pourrait afficher un programme net à 320 milliards d’euros, voire le maintenir stable grâce à un recours accru aux BTF, ces titres à très court terme. Un pari risqué dans un environnement de taux incertains.
Dans cette course aux capitaux, l’Allemagne surprend. Longtemps chantre de l’orthodoxie budgétaire, elle prévoit désormais 360 milliards d’euros d’émissions en 2026, à égalité avec l’Italie. Un renversement de posture dû à un plan de relance de 1 000 milliards d’euros, première étape d’une stratégie expansive sans précédent à Berlin. Rome, de son côté, étonne par sa sobriété retrouvée. Après des années de dérapage, l’Italie ralentit ses émissions nouvelles. Son augmentation ne serait que de 12 milliards d’euros, la hausse des remboursements étant compensée par 40 milliards d’euros de dette évitée.












