Publié mi-janvier 2026 à partir des données officielles des douanes, le bilan annuel du commerce extérieur confirme que la Chine a enregistré en 2025 un excédent commercial historique. Ce résultat s’inscrit dans un contexte de ralentissement économique mondial, de politiques protectionnistes américaines et de rééquilibrage interne encore inachevé.
La Chine et son excédent commercial record face aux tensions internationales
La Chine a clôturé l’année 2025 avec un excédent commercial évalué à environ 1 189 milliards de dollars, soit près de 1 090 milliards d’euros selon les taux de change moyens, d’après les données relayées par Le Figaro. Ce niveau n’avait jamais été atteint par aucun pays. Ainsi, alors que les échanges mondiaux progressaient lentement, la Chine a continué de creuser l’écart entre ses exportations et ses importations, confirmant la puissance de son appareil productif.
Cependant, ce record intervient dans un contexte marqué par des tensions commerciales persistantes avec les États-Unis. Malgré le maintien de droits de douane élevés sur de nombreux produits chinois, les exportations de la Chine ont progressé de 5,5 % sur l’ensemble de l’année 2025, pour atteindre environ 3 770 milliards de dollars, soit plus de 3 460 milliards d’euros. Dans le même temps, les importations sont restées quasiment stables, autour de 2 580 milliards de dollars, environ 2 370 milliards d’euros, ce qui a mécaniquement renforcé l’excédent commercial chinois.
Les moteurs du record commercial
La dynamique de la Chine repose d’abord sur la solidité de ses exportations industrielles. En 2025, les livraisons de biens manufacturés, notamment dans l’électronique, les équipements industriels et les technologies vertes, ont continué de progresser. Selon RTS, la hausse des exportations chinoises en décembre 2025 a atteint 6,6 % sur un an, un rythme supérieur aux anticipations des économistes. Cette accélération de fin d’année a joué un rôle clé dans la consolidation de l’excédent commercial.
Par ailleurs, la demande intérieure chinoise est restée modérée. Ainsi, malgré les mesures de soutien mises en place par Pékin, les importations de la Chine n’ont pas connu de reprise marquée. Cette combinaison, à la fois structurelle et conjoncturelle, explique pourquoi l’excédent commercial a atteint un niveau comparable au produit intérieur brut annuel de pays comme l’Arabie saoudite, selon les comparaisons avancées par Reuters.
Un équilibre sous pression
Ce record de la Chine ravive les tensions avec les États-Unis, où le déséquilibre commercial reste un sujet politique majeur. RFI souligne que l’ampleur de l’excédent chinois pourrait renforcer les critiques américaines sur les pratiques industrielles et commerciales de Pékin. En dépit des droits de douane toujours en vigueur, les entreprises chinoises ont réussi à diversifier leurs débouchés, notamment vers l’Asie du Sud-Est, l’Afrique et certaines régions d’Europe.
En conséquence, l’excédent commercial de la Chine apparaît moins comme un simple effet de la relation bilatérale avec Washington que comme le reflet d’une stratégie d’exportation globale. Toutefois, cette situation accentue les déséquilibres macroéconomiques mondiaux. Ce surplus massif pourrait accroître les pressions diplomatiques sur Pékin, notamment de la part des États-Unis et de leurs alliés, qui appellent à un rééquilibrage plus rapide de la demande intérieure chinoise.








