Au lendemain de la publication du jaune budgétaire annexé au Projet de loi de finances pour 2026, les données montrent que le conseil revient en force : l’État a accru ses engagements auprès de cabinets externes. Cette situation interroge tant sur la dynamique de l’externalisation que sur l’efficacité du pilotage administratif.
Contexte d’un recours accru au conseil par l’État
Le document budgétaire indique que les engagements de l’État envers les prestations de « conseils extérieurs » ont augmenté de 31 % en 2024, rapporte Le Figaro. Ce saut s’inscrit après des années de tension autour de l’achat de prestation intellectuelle.
Par ailleurs, une précédente analyse indiquait que les dépenses de conseil avaient chuté de 137 millions d’euros à 73 millions d’euros entre 2022 et 2023, soit -47 % (hors certaines prestations informatiques), d’après les chiffres indiqués par Le Monde. Ainsi, cette hausse de 2024 marque un inflexion par rapport à la trajectoire récente.
Analyse des secteurs et des motifs du phénomène
Plusieurs motifs peuvent expliquer cette hausse du recours au conseil. D’abord, l’État semble recourir à des cabinets pour répondre à des besoins spéciaux de transformation ou d’expertise, lorsque les compétences internes ne suffisent pas.
Ensuite, le cadre réglementaire imposé par la circulaire n° 6329/SG du 19 janvier 2022 avait fixé un objectif de réduction des dépenses de conseil en stratégie et organisation de 15 % pour 2022 par rapport à 2021. Mais la poussée de 2024 suggère que cet encadrement a été remis en cause ou que d’autres types de conseil (non-stratégie) ont pris le relais.
Enfin, l’augmentation s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu : face à des enjeux de transformation numérique, de réforme publique ou d’investissement, l’État semble privilégier l’externalisation pour des résultats rapides.
Implications et enjeux pour l’État, les cabinets et la gouvernance
L’augmentation de 31 % du recours au conseil pose plusieurs questions. D’une part, cela peut illustrer un comportement proactif de l’État cherchant à mobiliser des compétences privées pour atteindre ses réformes. D’autre part, cela expose un risque de dépendance accrue aux cabinets externes et d’érosion des compétences internes de l’administration.
Par ailleurs, la forte progression fait peser un enjeu de transparence et de pilotage : quel est le coût réel, à quel titre les cabinets sont-ils mobilisés, et dans quels secteurs (ex : numérique, stratégie, communication) ?
Enfin, pour les cabinets mêmes, cette hausse constitue une opportunité économique majeure. Mais elle s’accompagne d’un accroissement de la visibilité publique et du scrutin sur leur rôle dans la transformation de l’État.








