Israël construit ses potences : Ben-Gvir transforme la peine de mort en spectacle

Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, construit une installation d’exécution avec potences et tribunes d’observation pour pendre des Palestiniens condamnés à mort.

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Israël construit ses potences : Ben-Gvir transforme la peine de mort en spectacle © www.nlto.fr

Itamar Ben-Gvir ne cache plus son jeu. Après avoir déclaré que certains Palestiniens « ne sont pas dignes de vivre » et « ne sont même pas des gens », après avoir réclamé la mort de « 30 à 40 personnes chaque nuit » à Gaza, le ministre israélien de la Sécurité nationale franchit l’étape ultime. Il construit des potences, installe des tribunes d’observation équipées de caméras en direct, et transforme l’exécution en spectacle macabre.

« Ils ne sont même pas des gens » : quand un ministre d’État appelle au meurtre

Le langage employé par Itamar Ben-Gvir dépasse la simple rhétorique. Le ministre appelle ouvertement à des « assassinats ciblés » de « 30 à 40 » personnes à Gaza chaque nuit. « Il y a là-bas des gens qui ne sont pas dignes de vivre. Ils ne devraient pas vivre. Ce ne sont même pas des gens », déclare-t-il sans détour. Ces mots structurent une politique d’État. Depuis octobre 2025, malgré le cessez-le-feu, 1 250 Palestiniens ont été tués à Gaza.

Ce vocabulaire fait écho aux éléments cités par la Cour internationale de justice comme preuves d’intention génocidaire. Nier l’humanité d’un groupe constitue le préalable intellectuel à sa destruction physique. Le Royaume-Uni a sanctionné Ben-Gvir l’année précédente pour incitation à la violence extrémiste et violations graves des droits humains. Pourtant, il reste en fonction, protégé par Netanyahu.

De la parole à l’acte : la construction matérielle de la peine de mort

Ben-Gvir a publié une vidéo, depuis supprimée, montrant la construction d’une installation d’exécution dotée de potences et de tribunes d’observation destinées aux familles des victimes. « J’ai promis d’aggraver les conditions des terroristes en prison, nous l’avons fait. J’ai promis de faire passer la peine de mort pour les terroristes, nous l’avons fait. Et maintenant, le couloir de la mort et l’installation de pendaison commencent aussi à prendre forme », se félicite-t-il.

Les tribunes d’observation seront équipées de caméras permettant de regarder les exécutions en direct. Cette mise en scène transforme la peine capitale en spectacle public, régressant vers des pratiques médiévales. « Nous faisons l’histoire. Les terroristes ne méritent qu’une chose : la mort par pendaison », proclame Ben-Gvir. Asim Qureshi, directeur de recherche à CAGE International, dénonce « un autre exemple de la dépravation » et de la « déshumanisation complète de la vie palestinienne ». Même le Jerusalem Post, journal conservateur israélien, avertit que cette installation fournira « des munitions aux ennemis d’Israël » et ne reflète pas les valeurs de la société israélienne raisonnable. Benjamin Netanyahu refuse de retirer Ben-Gvir de ses fonctions malgré les controverses répétées.

La loi de mars 2026 : discrimination légale et apartheid judiciaire

En mars 2026, la Knesset a adopté une loi rendant la pendaison obligatoire pour les Palestiniens reconnus coupables d’attaques meurtrières devant des tribunaux militaires. Cette disposition ne s’applique qu’aux Palestiniens : les Israéliens juifs échappent à la peine de mort car la loi exige que le meurtre soit commis avec l’intention de nier l’existence de l’État d’Israël, clause applicable uniquement aux tribunaux militaires. Un système de justice à deux vitesses s’institutionnalise, violant le principe d’égalité devant la loi.

Selon HaMoked, groupe israélien de défense des droits humains, 9 300 Palestiniens croupissent actuellement dans les prisons israéliennes. Parmi eux, 3 200 sont maintenus en détention administrative, un dispositif permettant aux commandants militaires de détenir des personnes pour des périodes renouvelables de six mois sur la base de preuves classifiées, sans procès. La construction de l’installation d’exécution s’inscrit dans cette logique d’aggravation systématique des conditions de détention. Ben-Gvir a même promis à Rom Braslavski, ancien soldat et otage du Hamas, de lui faciliter la possibilité de tuer des Palestiniens de ses propres mains.

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