Jean-Paul Mattei, le député MoDem côté marteau et faucille

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Portrait Sérigraphié Aux Cheveux Blancs Sauvages
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Jean-Paul Mattei, c’est un terminal de paiement des impôts qui aurait obtenu une investiture MoDem. Présentez-lui un problème politique : il créera une taxe. Il taxe tout ce qui réussit et subventionne le reste. Dernière opération en cours, l’extension de la taxe sur les holdings pour taper les entrepreneurs. Ces entreprises permettent de créer, investir et constituent une formidable cagnotte pour les emplois de demain. Une anomalie à laquelle cet ancien notaire entend remédier avec le calme rassurant de quelqu’un qui vous annonce les frais de succession.

Chez Mattei, l’impôt est la solution à tout. C’est un réflexe de politesse. Vous avez gagné de l’argent ? Il serait inconvenant de repartir avec. Vous avez mal à la gorge ? C’est que vous êtes mal soigné à cause des riches qui ne payent pas assez d’impôts. Vous ratez votre bac ? C’est parce que l’Éducation nationale n’est pas assez financée par les superprofits des multinationales. Votre voiture tombe en panne et la réparation est chère ? C’est la faute des patrons qui n’augmentent pas les salaires. Vous n’arrivez pas à vous loger ? C’est encore la faute des riches avec leur résidence secondaire. Heureusement, Super-Mattei est là pour remettre de l’ordre et faire en sorte que les riches deviennent moins riches. Son surnom Jeannot le Rouge.

L’homme vient pourtant du giscardisme. Mais, à force de chercher le centre, il semble avoir trouvé le guichet des impôts. Il conserve de ses origines une présentation bourgeoise, quelques habitudes institutionnelles et cette façon de vous expliquer que votre argent sera mieux employé ailleurs. Un collectivisme tendance soviétique de bonne compagnie, qui essuie ses chaussures avant d’entrer dans votre bilan. Bref, le style bien propre du commissaire de justice, autrefois appelé huissier, qui vient vous saisir.

Puis il y a eu les législatives de 2024, avec un passage au 2ᵉ tour avec 29 % des voix. Impossible de se faire élire sans les voix du NFP, dont le candidat est lui aussi convié au second tour face à la candidate RN. Pour Mattei, ce n’est pas gagné. Mais notre Torquemada de la taxe fait les yeux doux à la gauche et celle-ci finit par se désister. Ouf, ce n’est pas passé loin, Mattei est réélu brillamment et adresse des remerciements publics à son concurrent mais néanmoins allié de gauche.

Dès lors, il cultive son côté MoDem tendance léniniste : impossible de se faire élire aux prochaines élections législatives sans les voix de gauche face au Rassemblement national. Renier ses convictions pour un poste au chaud à l’Assemblée nationale et un solide complément de retraite de 5963 €, ce n’est pas un problème. Chez un notaire, on sait qu’une servitude de passage peut rendre de grands services. Surtout lorsqu’elle conduit à l’Assemblée.

La dernière de Jeannot le rouge : la taxe sur les holdings. Le problème, c’est que derrière le mot « holding », il n’y a pas nécessairement un yacht avec un coffre-fort dans la cabine. Il y a une société qui détient d’autres sociétés et surtout un entrepreneur. La holding est un outil pour ce dernier pour développer un groupe, financer une nouvelle activité, soutenir une entreprise en difficulté. Et parfois des réserves : cette extravagance qui consiste à ne pas avoir tout dépensé avant la fin de la semaine. Gérer le risque ? Mais pour quoi faire ? Selon Mattei, il faut dépenser ou sinon payer des taxes.

On taxe le tabac pour faire moins fumer, les boissons alcoolisées pour faire moins boire. Là, on taxe les entrepreneurs, peut-être pour moins entreprendre. 

Les tripatouillages du NFP et de Mattei pourrait prêter à sourire si l’addition ne finissait pas toujours chez ceux qui produisent. Voilà des décennies que notre débat budgétaire ressemble à une réunion des Alcooliques anonymes où l’on aurait remplacé le café par du cognac imbibé de champignons hallucinogènes : chaque déficit appelle une nouvelle tournée de prélèvements. Faire des économies ? Quelle brutalité. Taxer davantage ? Quel humanisme. 

Taxer la réussite pour financer l’échec est depuis 40 ans un leitmotiv pour nos politiques de la 5e république. On en arrive à un pays ruiné et au bord de la guerre civile. Mais il y a toujours des super-Mattei avec leurs capes de percepteur en chef, leurs formulaires et cette conviction merveilleuse que, si le seau reste vide, c’est qu’on ne verse pas assez vite. Et surtout, ne regardons pas les trous. De toutes façons, c’est rentable électoralement de taxer les riches même si ça ruine la France. C’est de la démagogie ? Oui mais ça permet de se faire élire.

Jean Paul Mattei oublie simplement qu’avant de distribuer la richesse, il faut des entreprises pour la créer, des bénéfices pour alimenter l’impôt et des investissements pour préparer les emplois de demain. À force de traiter la réussite comme une anomalie à corriger, on finit par obtenir une économie parfaitement égalitaire : plus personne n’a grand-chose, mais tout le monde conserve ses obligations déclaratives.

Mattei pourrait pourtant rendre un dernier service à l’économie française : prendre sa retraite, une retraite bien méritée dans un monde qu’il ne comprend plus vraiment. Pour une fois, une cessation d’activité serait accueillie comme une perspective de croissance.

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