La FCD révèle des marges de 13% pour les multinationales

Une étude révélée ce lundi expose les marges de 13% des multinationales agroalimentaires, quatre fois supérieures à la moyenne du secteur. La FCD boycotte les négociations de Bercy et dénonce un système où Coca-Cola, Danone et L’Oréal reversent 94% de leurs bénéfices aux actionnaires pendant que les PME étouffent.

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La grande distribution promet de bloquer les prix sur de nombreux produits
La FCD révèle des marges de 13% pour les multinationales © www.nlto.fr

Pendant que vous serrez votre budget à la caisse, Coca-Cola, Danone et L’Oréal empochent des marges de 13%, soit quatre fois plus que les PME agroalimentaires. Une étude révélée ce lundi le confirme : le système est pourri, et la FCD le dit tout haut en boycottant les négociations de Bercy.

Le système des deux poids, deux mesures

L’étude du cabinet Asterès, commandée par la Fédération du commerce et de la distribution, dévoile un écart vertigineux entre les marges des géants et celles du reste du secteur. Les 33 multinationales analysées affichent une marge nette moyenne de 13% entre 2017 et 2025. Dans le même temps, l’ensemble de l’agroalimentaire français plafonne à 3,5% entre 2018 et 2024. Le rapport est implacable : les multinationales gagnent près de quatre fois plus que la moyenne du secteur.

Ces 33 entreprises pèsent 75% de la valeur des négociations commerciales annuelles. Autrement dit, une poignée de géants dicte ses conditions à toute la filière. Les 20 autres multinationales habituellement présentes aux négociations n’ont même pas pu être étudiées, faute de données disponibles. Opacité totale.

Comment les géants justifient l’injustifiable

Face à ces chiffres, les multinationales brandissent systématiquement le même discours : crise, inflation importée, coûts agricoles en hausse. Sauf que les données financières racontent une tout autre histoire. Entre 2022 et 2025, ces entreprises ont reversé 94% de leur résultat net aux actionnaires. Le cabinet Asterès tranche sans détour : « Cela signifie que les multinationales cotées, fournisseurs de la grande distribution, sont résolument orientées vers la rémunération de l’actionnaire plutôt que vers l’investissement. » Un constat brutal qui pulvérise les justifications habituelles sur les difficultés du secteur.

Judith Jiguet démonte l’imposture : les multinationales se cachent derrière les PME

Judith Jiguet, directrice générale de la FCD, dénonce une stratégie délibérée de confusion. « On nous présente tout le temps le bloc industriel comme un ensemble plutôt homogène, mais on voit bien que c’est un groupe totalement hétérogène », martèle-t-elle. Les multinationales utilisent les difficultés réelles des PME comme paravent pour justifier leurs propres exigences.

« Les très grandes entreprises et les multinationales se cachent derrière les petites pour faire valoir un discours disant on va tous mal, on ne peut pas investir. Il faut les mettre en face de leurs responsabilités et de leurs choix stratégiques », poursuit Judith Jiguet. Le mécanisme est rodé : pendant que Coca-Cola et Danone engrangent des bénéfices records, les PME et les agriculteurs servent de variables d’ajustement.

La FCD se révolte : le boycott comme dernier recours

Ce lundi 2 novembre, la FCD a boycotté la réunion préparatoire aux négociations commerciales organisée à Bercy. Un geste sans précédent. Les distributeurs, représentant E. Leclerc, Carrefour et Intermarché, refusent de cautionner un processus biaisé où les multinationales imposent leurs conditions.

Les industriels, regroupés au sein de l’Ania, de l’Ilec et d’autres organisations professionnelles, crient au scandale. Ils accusent les distributeurs de ne pas rendre compte de leurs propres pratiques. Sauf que les distributeurs affichent des marges bien plus faibles que les 13% des multinationales. L’argument ne tient pas.

Les trois exigences non négociables de la distribution française

La FCD pose trois conditions pour revenir à la table des négociations. Premièrement, une transparence totale sur les coûts agricoles réels intégrés dans les prix de vente. Deuxièmement, un traitement différencié entre multinationales et PME lors des négociations. Troisièmement, une date butoir plus courte pour les négociations avec les PME, conformément aux nouvelles dispositions de la loi d’urgence agricole votée en 2026. Le ministre du Commerce, Serge Papin, ancien directeur général de Système U, tente d’établir un « pacte de responsabilité » entre les acteurs. Mais face aux marges à 13% et aux 94% reversés aux actionnaires, la bonne volonté politique semble bien dérisoire.

Les négociations commerciales, qui se déroulent du 1er décembre au 1er mars, fixent les tarifs des produits en rayon pour toute l’année. Si les multinationales maintiennent leur pression, deux scénarios se dessinent. Soit les distributeurs cèdent et répercutent les hausses sur les prix à la consommation. Soit ils résistent et les PME, prises en étau, servent de fusibles. Dans les deux cas, le consommateur français trinque. Son pouvoir d’achat diminue pendant que Coca-Cola, Danone et L’Oréal distribuent des dividendes records.

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