Israël : Netanyahu perd sa majorité et accuse les Arabes de fraude

Pour la première fois depuis des décennies, Benjamin Netanyahu ne dispose pas d’une majorité parlementaire confortable. Sa coalition de droite et d’extrême droite remporte 53 sièges seulement sur les 120 de la Knesset.

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Israël : Netanyahu perd sa majorité et accuse les Arabes de fraude © www.nlto.fr

Les élections législatives israéliennes du 29 octobre 2026 placent Benjamin Netanyahu en position de faiblesse avec 53 sièges, loin de la majorité absolue. Face à ce revers, le Likoud et Itamar Ben Gvir accusent les partis arabes, qui totalisent un score historique de 19 sièges, d’avoir volé le scrutin avec l’aide du Qatar. Des accusations sans preuves qui révèlent la panique d’une droite contrainte d’accepter le nouveau poids politique de la minorité arabe.

Le choc du 29 octobre : Netanyahu perd sa majorité absolue

Les résultats définitifs publiés par la Commission électorale israélienne dans la nuit du 29 au 30 octobre 2026 actent un séisme politique. La coalition menée par Netanyahu obtient 53 sièges, loin des 61 nécessaires pour gouverner seul. Le Likoud reste certes la première formation avec 27 députés, mais l’écart avec la majorité absolue (8 sièges) marque un recul historique pour un Premier ministre qui dominait la vie politique israélienne depuis plus de quinze ans.

Face à lui, l’opposition centriste dirigée par Gadi Eisenkot rassemble 48 élus. Elle aussi échoue à former une majorité. Mais le véritable bouleversement vient d’ailleurs. Les deux listes arabes, Raam et Liste unifiée, totalisent 19 sièges, un score sans précédent qui fait d’elles les arbitres incontournables de la prochaine coalition. Ni Netanyahu ni Eisenkot ne peuvent gouverner sans leur soutien. La minorité arabe israélienne, longtemps marginalisée dans les tractations gouvernementales, devient soudain le pivot du jeu politique.

Les accusations de fraude : quand la politique devient polémique

Dès le 28 octobre, avant même la publication des résultats définitifs, le Likoud lance une offensive médiatique. Le parti accuse les formations arabes d’avoir « volé les élections ». Une rhétorique qui rappelle les stratégies de délégitimation observées dans d’autres démocraties fragilisées. Aucune preuve n’accompagne ces déclarations. Les autorités électorales israéliennes n’ont signalé aucune irrégularité majeure dans le scrutin.

Le ministre de la Sécurité nationale, figure de l’extrême droite, franchit un cap supplémentaire le 29 octobre. Sur X, Itamar Ben Gvir déclare : « Le Shin Bet doit arrêter dès ce matin les chefs des partis arabes soupçonnés d’avoir reçu de l’argent du Qatar. » L’appel à l’arrestation de responsables politiques élus, sans élément probant, constitue une escalade verbale inédite. Les autorités électorales ont demandé au service de renseignement intérieur d’ouvrir une enquête, mais aucune preuve publique n’a été présentée à ce stade.

Cette stratégie vise un objectif précis : disqualifier les 19 sièges arabes avant toute négociation de coalition. En criant au vol, le Likoud tente de rendre politiquement toxique toute alliance incluant ces formations. Le message est clair. Un gouvernement s’appuyant sur les partis arabes serait illégitime, fruit d’une manipulation étrangère. La manœuvre rappelle les accusations portées contre l’aide humanitaire dans la région, où les questions de financement servent régulièrement d’arguments politiques.

Le Qatar, bouc émissaire idéal d’une droite en débâcle

Pourquoi le Qatar ? L’émirat entretient des relations complexes avec Israël, notamment via sa médiation dans le conflit avec le Hamas. Doha a immédiatement démenti toute ingérence. Majed al-Ansari, porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, qualifie les accusations de « ridicules et dangereuses » sur X le 29 octobre. Il ajoute : « Nous réfutons catégoriquement les allégations selon lesquelles le Qatar aurait interféré dans les élections israéliennes ou financé des activités visant à influencer leur issue. » Mais pour Netanyahu et Ben Gvir, l’émirat constitue une cible commode, associé dans l’imaginaire de leur électorat à un soutien aux Palestiniens.

Les partis arabes : la vraie victoire de ces élections

Au-delà des polémiques, un fait demeure. Les citoyens arabes israéliens, qui représentent environ 20 % de la population, ont massivement voté. Leur participation électorale, historiquement faible, a bondi. Les deux listes ont capitalisé sur une mobilisation sans précédent, portée par la frustration face aux politiques gouvernementales et la volonté d’exister politiquement.

19 sièges historiques : du statut de minorité marginalisée à arbitre du gouvernement

Yaïr Golan, chef de la gauche israélienne, l’a compris dès le 28 octobre. Il déclare sur X : « Nous avons une responsabilité. Et nous avons l’opportunité de former un gouvernement de changement en partenariat avec les citoyens arabes d’Israël. » Les scénarios de coalition se multiplient, mais tous passent désormais par les partis arabes. Soit ils soutiennent l’opposition centriste et la gauche pour atteindre 67 sièges. Soit ils négocient avec Netanyahu, hypothèse jugée improbable compte tenu des positions du Likoud. Soit Israël retourne aux urnes, perspective que personne ne souhaite après des années d’instabilité électorale.

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