Le 7 octobre 2025, la salle du Sénat américain est électrique. Pam Bondi, nouvelle procureure générale et fidèle de Donald Trump, fait face aux sénateurs du Comité judiciaire. Les caméras sont braquées sur elle. Une question fuse : « Qui a informé le président que son nom apparaissait dans les dossiers Epstein ? »
Bondi se fige, le regard dur. « Je ne vais pas en discuter avec vous », tranche-t-elle.
Le ton est donné. L’audience, censée porter sur la gestion du ministère de la Justice, vire au combat politique. Selon le Washington Post et Reuters, Bondi évite soigneusement toute allusion à Jeffrey Epstein, ce financier dont la mort en 2019 a laissé derrière lui un sillage de scandales, de complicités et de silences.
Mais chaque fois que son nom resurgit, c’est toute la galaxie Trump qui se retrouve éclaboussée. Car le président lui-même a connu Epstein, l’a côtoyé dans les années 2000 avant de s’en éloigner officiellement. Et si l’administration prétend vouloir tourner la page, l’opposition, elle, veut ouvrir les tiroirs.
Des milliers de pages du dossier restent classées. Les démocrates réclament leur publication. Bondi, elle, dénonce une chasse politique et renvoie la balle : pourquoi ces documents n’ont-ils pas été rendus publics sous les majorités précédentes ?
Derrière le théâtre de Washington se cache un malaise plus profond : celui d’un pouvoir empêtré dans les fantômes du passé, où le nom d’Epstein continue de symboliser l’impunité des puissants. Cinq ans après sa mort, son ombre plane encore sur le Bureau ovale — comme un rappel que certaines affaires ne se referment jamais.








