Le plan caché de Klaus Schwab ? Ce que contient vraiment le projet de « Grande réinitialisation »

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Klaus Schwab World Economic Forum On The Middle East Dead Sea Jordan 2007 (1)
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Derrière l’expression « Grande réinitialisation » se cache un projet qui a alimenté d’innombrables controverses depuis la pandémie de Covid 19. Complot mondial pour les uns, simple feuille de route économique pour les autres, le concept a souvent été caricaturé. Pourtant, le livre publié en 2020 par Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial, expose noir sur blanc une vision précise du monde de demain. Que prévoit réellement ce programme ? Retour sur les principales propositions formulées dans The Great Reset et analysées par le politologue John Laughland dans son étude consacrée au sujet.

Un monde à reconstruire après la pandémie

Lorsque Klaus Schwab et l’économiste Thierry Malleret publient Covid 19: The Great Reset à l’été 2020, leur objectif est clair. Pour les deux auteurs, la pandémie ne constitue pas seulement une crise sanitaire mais un tournant historique ouvrant une occasion unique de transformer les systèmes économiques, politiques et sociaux à l’échelle mondiale. Cette idée est au cœur du projet de « Grande réinitialisation ».

Selon leur analyse, la mondialisation a rendu les États interdépendants au point qu’aucun ne peut désormais résoudre seul les grandes crises contemporaines. Les risques sanitaires, climatiques, économiques ou technologiques seraient devenus globaux et exigeraient donc des réponses coordonnées au niveau international.

Le Forum économique mondial, créé en 1971 et connu pour son rendez vous annuel de Davos réunissant chefs d’État, dirigeants d’entreprises, universitaires et représentants d’organisations internationales, défend depuis longtemps cette logique de coopération internationale. L’organisation se présente comme une plateforme destinée à « améliorer l’état du monde » en rapprochant les sphères publique et privée.

Dans cette perspective, les auteurs estiment que la crise du Covid doit servir d’accélérateur. Ils proposent notamment un renforcement des politiques publiques, une protection sociale plus développée, des investissements massifs dans la santé ainsi qu’une coopération accrue entre les États et les organisations internationales. Ils évoquent également la nécessité d’un « nouveau contrat social » afin de réduire les inégalités révélées ou aggravées par la pandémie.

Une transition écologique et numérique au cœur du projet

La Grande réinitialisation repose sur deux piliers majeurs. Le premier est environnemental. Klaus Schwab considère que la lutte contre le changement climatique doit devenir la priorité des politiques publiques, y compris au sortir de la crise sanitaire. Les auteurs estiment que la pandémie rappelle l’interdépendance entre santé humaine et environnement et défendent une économie davantage orientée vers le développement durable.

Le second pilier est technologique. Klaus Schwab, déjà auteur en 2016 d’un ouvrage consacré à la quatrième révolution industrielle, estime que la pandémie accélère une transformation numérique déjà engagée. Généralisation du télétravail, automatisation de certaines activités, recours accru aux outils numériques, développement de l’intelligence artificielle ou encore amélioration des capacités de suivi sanitaire figurent parmi les évolutions décrites dans son ouvrage. Les auteurs reconnaissent que ces technologies soulèvent des interrogations en matière de libertés publiques et de protection des données, tout en considérant qu’un équilibre devra être trouvé entre efficacité sanitaire et respect des droits individuels.

Cette vision s’accompagne d’un plaidoyer en faveur d’une gouvernance mondiale renforcée. Pour Schwab et Malleret, les difficultés rencontrées pendant la pandémie démontrent les limites de la coordination internationale existante plutôt que son inutilité. Ils plaident ainsi pour un rôle accru des institutions internationales afin de répondre collectivement aux crises futures.

Un projet assumé qui continue d’alimenter le débat

L’étude réalisée par John Laughland insiste sur un point souvent oublié dans les débats publics. Selon lui, le Great Reset ne relève pas d’un complot secret mais d’un projet politique et idéologique assumé, largement présenté par le Forum économique mondial lui même. L’auteur distingue ainsi clairement la notion de conspiration de celle d’idéologie, rappelant que Klaus Schwab expose publiquement sa vision du monde dans ses livres, ses conférences et les événements organisés par le Forum.

Dans son analyse, J. Laughland considère toutefois que cette vision conduit à promouvoir une gouvernance toujours plus internationale, dans laquelle les États nationaux verraient progressivement leur rôle politique diminuer au profit d’une logique de gestion mondiale inspirée du management des grandes entreprises. Il estime que cette conception soulève des interrogations sur la place des souverainetés nationales, le fonctionnement démocratique et les libertés publiques.

Le Great Reset demeure aujourd’hui un sujet de controverse internationale. Ses partisans y voient une tentative de moderniser les économies face aux défis climatiques, sanitaires et technologiques. Ses critiques dénoncent au contraire une concentration croissante du pouvoir entre institutions internationales, grandes entreprises et organisations transnationales. Une chose est néanmoins certaine. Loin d’être un concept apparu sur les réseaux sociaux, la Grande réinitialisation est bien un projet formulé publiquement par les dirigeants du Forum économique mondial dès 2020, dont les orientations continuent de nourrir un débat politique et intellectuel qui dépasse largement la seule crise du Covid.

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