Le sommet Choose France le 17 novembre : Venez en France mais on va vous taxer!

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Le sommet Choose France le 17 novembre : Venez en France mais on va vous taxer! © www.nlto.fr

Le contraste est saisissant. À l’heure où Emmanuel Macron met en scène la vitalité économique française à travers l’organisation du sommet Choose France le 17 novembre, destiné à promouvoir l’attractivité du pays auprès des investisseurs, le climat national se charge d’une tonalité radicalement différente. Entre déclarations politiques hostiles à l’entreprise, débats sur un possible retour de l’impôt sur la fortune, inflation réglementaire, et instabilité politique, le message adressé au monde économique apparaît brouillé, sinon contradictoire.

Une vitrine internationale en pleine tempête intérieure
Le sommet Choose France, lancé en 2018, a toujours eu pour objectif d’incarner une France ouverte, compétitive, tournée vers l’investissement. Chaque édition réunit des dirigeants étrangers autour d’un message simple : la France est de retour sur la carte mondiale de l’économie. Cette année encore, l’événement se veut un signe de confiance adressé aux entreprises tricolores et aux partenaires internationaux. Mais la conjoncture politique en affaiblit la portée. Car pendant que le gouvernement célèbre l’innovation et la croissance, les signaux internes sont tout autres. Les discussions budgétaires révèlent une ligne économique fragilisée : hausse de la fiscalité sur les sociétés, alourdissement des prélèvements sur les hauts revenus, débats incessants sur la taxation du capital. Les tensions politiques autour de la justice fiscale alimentent un climat d’incertitude dont les entrepreneurs, investisseurs et cadres supérieurs mesurent chaque jour les effets. De plus le gouvernement est sur la corde raide et peut sauter à tout moment.

L’image d’un pays de plus en plus imprévisible
Pour les entreprises françaises, le discours officiel se heurte à la réalité d’un environnement instable. Les déclarations successives de responsables politiques de gauche comme de droite, dénonçant les “privilèges” des chefs d’entreprise ou des investisseurs, renforcent une impression de défiance. Les positions du Rassemblement national, de La France insoumise et, dans une moindre mesure, du Parti socialiste, convergent sur une ligne économique interventionniste : retour des impôts de solidarité, encadrement renforcé des profits, et revalorisation du rôle de l’État dans la redistribution. Ce consensus transpartisan sur une forme de néo-étatisme crée un signal négatif à l’étranger. Les agences de notation l’ont souligné : l’incertitude politique française, conjuguée à la dégradation budgétaire, accroît la perception de risque. Or, à l’heure où la compétitivité fiscale redevient un facteur déterminant dans les arbitrages d’investissement, la France peine à convaincre qu’elle demeure un terrain stable.

Un décalage entre communication et substance
C’est tout le paradoxe du moment économique français : l’État communique sur l’ouverture, mais la situation politique se ferme. Le gouvernement affiche sa volonté d’attirer les capitaux étrangers, tout en laissant se multiplier les discours qui stigmatisent les entrepreneurs nationaux. Cette ambivalence nuit à la lisibilité du cap économique. Les investisseurs étrangers, qui voient dans Choose France une opération séduisante de diplomatie économique, n’ignorent pas le contexte : taxation accrue des dividendes, instabilité réglementaire, et risque politique élevé à l’approche des prochaines échéances électorales. Le contraste est d’autant plus visible que, dans le même temps, les grands pays concurrents – Allemagne, Italie, Espagne – adoptent des politiques d’allègement fiscal ciblées sur la production ou la recherche. La France, elle, continue d’envoyer deux messages contradictoires : l’un rassurant, celui d’un pays moderne et innovant ; l’autre inquiétant, celui d’un système politique où la réussite économique est suspecte.

Le sommet Choose France conserve une valeur symbolique, celle d’un volontarisme économique assumé. Mais il intervient dans un contexte où la parole publique se délite et où la confiance entrepreneuriale s’érode. À force de multiplier les messages contradictoires, la France risque de ne plus apparaître ni comme un modèle social, ni comme un modèle économique, mais comme un pays qui hésite entre deux récits : celui de l’ouverture et celui du repli.

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