Les petits villages voient leurs commerces disparaître les uns après les autres, et les bistrots n’échappent pas à la règle. Pour enrayer ce déclin et offrir une bouffée d’air frais aux petites communes, l’ancien ministre Guillaume Kasbarian a déposé une proposition de loi afin de faciliter l’ouverture de ces établissements emblématiques du paysage français dans les villages. Un texte qui suscite autant d’espoir que d’inquiétudes.
Une réforme pour relancer les bistros de village
Aujourd’hui, ouvrir un bistro dans une petite commune relève du défi. La loi interdit en effet la création de nouvelles licences IV, nécessaires pour vendre des alcools forts. Seule solution pour obtenir ce précieux sésame : racheter une licence existante, souvent à prix d’or. Cette contrainte administrative a contribué à la disparition progressive de nombreux cafés dans les zones rurales.
Pour y remédier, une proposition de loi portée par Guillaume Kasbarian prévoit d’autoriser la création de nouvelles licences IV dans les communes de moins de 3 500 habitants. Plutôt que d’imposer un rachat coûteux, cette réforme permettrait aux futurs exploitants d’obtenir une licence simplement en la demandant à la mairie. Cette mesure vise à encourager les entrepreneurs à rouvrir des établissements et, par ricochet, à revitaliser les villages désertés.
Une mesure qui suscite des inquiétudes
Si cette réforme est perçue comme une aubaine pour les communes rurales, elle inquiète les spécialistes de santé publique. En France, 49 000 décès sont liés à l’alcool chaque année, soit environ 7 % de la mortalité annuelle (maladies et décès prématurés) selon les données du ministère de la Santé.
Des élus de l’opposition, notamment à gauche, estiment que cette réforme risque d’aggraver la consommation excessive d’alcool dans les territoires ruraux arguant que ces derniers font déjà face à un manque de services médicaux. Les partisans du texte répondent que les bistrots ne sont pas les principaux responsables de cette surconsommation. Guillaume Kasbarian défend même le rôle de prévention des bistrots : les gérants veillent souvent à modérer les comportements à risque et offrent un cadre plus encadré que la consommation à domicile ou en grande surface.
La proposition de loi, adoptée en commission des affaires sociales, sera examinée mercredi 12 mars 2025 en procédure accélérée à l’Assemblée nationale. Si elle est validée, les nouvelles licences IV pourraient être délivrées dès l’été 2025.








