Le 28 novembre 2025, un convoi de camions escortés a quitté le site minier de SOMAÏR à Arlit, dans le nord du Niger. Cette information relance le débat sur le devenir des stocks d’uranium nigérien, et ravive les inquiétudes autour de la sécurité et de la transparence du transport d’un minerai stratégique, alors que le contexte géopolitique entre Afrique, Europe et Russie reste très tendu.
Le départ du convoi d’Arlit : ce que révèlent les sources
Le 28 novembre 2025, « un convoi transportant de l’uranium a quitté le site de la SOMAÏR à Arlit », selon RFI. Cette sortie intervient alors que l’ex-filiale d’Orano avait perdu le contrôle opérationnel de ses mines au Niger, suite à la nationalisation décidée par la junte en 2024, rappelle un communiqué officiel publié par la société.
Orano indique qu’elle n’est pas à l’initiative de ce convoi et qu’elle « condamne fermement » ce transport. Dans ce document, l’entreprise précise qu’elle ne dispose d’aucune information officielle sur la quantité d’uranium transportée, ni sur la destination finale, ni sur les conditions de sûreté et de sécurité.
Ainsi, les sources publiques n’indiquent ni le volume exact déplacé, ni le nombre de camions, ni l’itinéraire, ni la destination finale du convoi.
Enjeux autour des stocks d’uranium d’Arlit et risques liés au transport
La mine de SOMAÏR, ancien site d’exploitation d’Orano à Arlit, concentre d’importants stocks d’uranium. Depuis la suspension des activités, ces réserves représentent pour Orano un enjeu financier et juridique majeur, selon les informations de Reuters.
Orano rappelle que le transport dénoncé contrevient à la décision arbitrale rendue le 23 septembre 2025 par le tribunal du CIRDI, qui avait interdit à l’État nigérien de vendre ou transférer l’uranium produit par SOMAÏR sans autorisation. Le groupe menace de poursuivre toute personne qui procéderait à un transfert illégal, y compris par voie pénale.
Le départ spectaculaire du convoi soulève des questions sur la traçabilité des matières nucléaires. À ce jour, ni Orano ni les autorités nigériennes n’ont publié d’informations pour confirmer le parcours, la destination ou les garanties de sûreté du transport. Cette absence de transparence accroît les risques liés à la prolifération, au marché noir ou à des détournements.
Contexte géopolitique et enjeux internationaux
L’uranium nigérien reste une ressource stratégique à l’échelle mondiale. La perte de contrôle par Orano de SOMAÏR, combinée à la montée en puissance de nouveaux partenaires internationaux, modifie l’équilibre traditionnel des approvisionnements.
Depuis la nationalisation des mines en 2024, Orano a engagé une procédure arbitrale contre l’État nigérien afin de protéger ses droits sur le stock d’uranium. L’apparition du convoi en novembre 2025 pourrait représenter une violation de cette décision, ce qui ravive les tensions diplomatiques et juridiques entre Niamey et Paris.
Le transport d’uranium non contrôlé pose un risque majeur pour la sécurité régionale et internationale. Le départ du convoi d’Arlit sans information publique fiable met en lumière l’urgence d’un suivi transparent des matières fissiles, dans un contexte où la demande mondiale pour l’énergie nucléaire reste élevée malgré les crises.








