Un nouveau cap vient d’être franchi dans la politique de transformation urbaine de Paris. Lors d’un vote citoyen organisé le 23 mars 2025, les électeurs ont approuvé à une large majorité un projet ambitieux de piétonisation et de végétalisation à l’échelle de la ville. Détails, calendrier et perspectives.
Un vote sur l’évolution des usages de la rue dans la Capitale
Organisée par la Ville de Paris, la votation citoyenne du dimanche 23 mars 2025 proposait aux électeurs de se prononcer sur un projet de transformation urbaine de grande ampleur : la piétonisation et la végétalisation de 500 nouvelles rues réparties sur l’ensemble des arrondissements de la capitale. Cette consultation constitue la troisième votation citoyenne municipale, après celles portant sur les trottinettes en libre-service et sur les tarifs de stationnement des SUV.
Le vote était ouvert aux Parisiens dès l’âge de 16 ans. Malgré cette extension du corps électoral, la participation est restée faible, atteignant 4,06 %, soit 56 500 votants sur 1,391 million de personnes inscrites selon Le Monde. Le résultat est toutefois clair : 66 % des participants se sont prononcés en faveur du projet.
Piétonisation de Paris : ce que prévoit concrètement le projet voté
Le plan approuvé prévoit la transformation de 500 rues de Paris, à raison de 5 à 8 par quartier, selon les caractéristiques locales. Ces voies deviendront à terme des rues piétonnes végétalisées, c’est-à-dire interdites à la circulation automobile, hors exceptions (services d’urgence, livraisons, etc.), et aménagées avec des plantations, du mobilier urbain adapté et des revêtements perméables.
La sélection des rues concernées débutera dès avril 2025. Elle sera conduite au niveau local par les mairies d’arrondissement, en concertation avec les habitants et les acteurs de terrain. L’objectif affiché est d’aboutir à une mise en œuvre progressive entre 2026 et 2029.
Sur le plan budgétaire, le coût moyen estimé d’aménagement par rue est de 500 000 euros. À terme, environ 10 000 places de stationnement en surface devraient être supprimées, soit 10 % du parc actuel parisien.
Un vote qui fait déjà débat
La votation a suscité des réactions variées dans l’espace public. Les soutiens du projet y voient une étape importante vers une ville plus résiliente, apaisée et adaptée au changement climatique. La mairie souligne que ce programme s’inscrit dans la continuité de la politique municipale de végétalisation et de réduction du trafic automobile, engagée depuis 2014.
Dans certains secteurs, le projet soulève cependant des interrogations. À Montmartre, par exemple, des riverains ont exprimé des inquiétudes sur la perte de stationnement ou l’impact sur la vie quotidienne dans les rues déjà piétonnisées. Des critiques ont également été formulées sur le faible taux de participation, et sur le manque de débat public préalable, jugé insuffisant par certains élus d’opposition.
Dans une déclaration reprise par Le Figaro, David Alphand, élu du groupe Changer Paris, estimait que la formulation du scrutin posait question : « Demander aux Parisiens s’ils souhaitent davantage d’espaces verts, c’est comme leur demander s’ils veulent une météo plus clémente ».









faut passer au jugement majoritaire