Jean-Pierre Farandou a clairement affirmé que le gel de la prime d’activité, touchant 4,5 millions de travailleurs précaires, vise à « restaurer les comptes », tout en protégeant intégralement les retraites et les allocations des plus démunis. Le ministre du Travail a confirmé le 30 septembre 2026 sur France 2 que cette prime ne serait pas indexée sur l’inflation dans le projet de loi de finances 2027. Parallèlement, le RSA, l’AAH et le minimum vieillesse verront une revalorisation de 1,8 %. Ce choix politique met en lumière une hiérarchisation des priorités.
Un bouclier pour les plus démunis, mais pas pour les travailleurs modestes
Jean-Pierre Farandou a déclaré au Figaro : « On a voulu que dans le budget, il y ait un bouclier anti-inflation pour les gens les plus démunis. » Les allocations comme le RSA, le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé seront indexées à 100 % sur l’inflation, mais pas la prime d’activité, versée à 4,5 millions de personnes pour compléter leurs revenus. Le message est que les travailleurs modestes ne sont pas considérés comme les « plus démunis » selon cette vision du gouvernement.
Impact du gel sur les travailleurs précaires
En 2024, les CAF ont versé 10,3 milliards d’euros pour la prime d’activité. Le gel prévu représente une perte mensuelle de 15 à 31 euros par foyer, soit 180 à 372 euros annuels de moins pour les bénéficiaires. Pour des familles déjà en difficulté, cette mesure est lourde. Farandou a admis que ce n’était pas une décision prise de gaieté de cœur, mais le gouvernement assume ce choix de pénaliser les travailleurs aux revenus modestes.
Retraites protégées, salaires non indexés
Les retraites bénéficient d’une indexation partielle sur l’inflation, avec une revalorisation totale jusqu’à 1.260 euros mensuels, puis une désindexation progressive au-delà. Les salaires, eux, dépendent des négociations collectives, souvent défavorables aux travailleurs précaires. Ainsi, leur pouvoir d’achat diminue tandis que les retraités conservent une certaine protection. La prime d’activité devait compenser cette inégalité, mais le gel choisi par le gouvernement l’aggrave.
Ambiguïté sur les « petites retraites »
Le Premier ministre avait promis de protéger les « petites retraites », mais l’indexation totale s’arrête à 1.260 euros mensuels. Au-delà, la protection s’amenuise. Cela concerne également ceux qui perçoivent 1.400 ou 1.600 euros. Cette ambiguïté permet au gouvernement de jouer sur les mots : protéger les petites retraites ne signifie pas protéger tous les retraités modestes.
Jean-Pierre Farandou a mentionné que le gel de la prime d’activité pourrait être amendé par le Parlement. Cela laisse une ouverture, mais sonne comme une tactique pour jauger la réaction publique. En attendant, les travailleurs précaires supportent le coût budgétaire, espérant un ajustement de la part des parlementaires.
Jean-Pierre Farandou a martelé que l’objectif était de restaurer les comptes du pays, dont la dette augmente. Pendant ce temps, le chômage augmente et les salaires stagnent, tandis que les retraités conservent leur indexation et les allocataires du RSA leur protection intégrale. Le gel de la prime d’activité en 2027 s’inscrit dans une logique où les travailleurs modestes servent de variable d’ajustement budgétaire.








