Thomas Guénolé: l’épopée d’un martyr auto-fabriqué de la flottille de Gaza

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Thomas Guénolé: l’épopée d’un martyr auto-fabriqué de la flottille de Gaza © www.nlto.fr

Certains militants de gauche raffolent d’une vieille technique bien rodée : la vulnérabilité fabriquée. Le principe est simple comme un happening Greenpeace : on se met volontairement dans une situation où l’on sait pertinemment qu’on sera arrêté, houspillé ou reconduit manu militari, puis on filme, on pleure, on théâtralise, et on transforme un incident prévisible en récit épique d’oppression. Les hurlements indignés de Thomas Guénolé hier soir sur i24, accusant en direct ses contradicteurs de nier sa « torture », en sont l’illustration parfaite : un militantisme dramatique poussé jusqu’à la caricature. Avec sa participation à la flottille pour Gaza, Guénolé n’a pas seulement appliqué cette méthode : il en a livré la version grand spectacle.

Il y a chez Thomas Guénolé un sens du drame qui force le respect. Monter dans un bateau qui se dirige vers un blocus militaire, escorté par des militants professionnels, des caméras et des slogans, pour ensuite s’étonner d’être intercepté par l’armée israélienne relève d’une grande naïveté. On imagine sans peine la scène : « Mais enfin, comment ? Nous, militants venus briser symboliquement un blocus en pleine zone de guerre, arrêtés ? Torturés même ? Quelle surprise absolument inimaginable ! » On se demande presque s’il n’attendait pas un tapis rouge. Ou un brunch bio en arrivant au port d’Ashdod. La comparaison avec Greenpeace est quasi pédagogique. On crée sciemment une situation de tension, on provoque l’intervention des forces de l’ordre, puis on diffuse des images soigneusement choisies pour donner l’impression que les gentils défenseurs du Bien ont été sauvagement malmenés. Sauf que chez Greenpeace, au moins, il y a une baleine à sauver. Chez Guénolé, c’est surtout son storytelling qu’il fallait préserver. Une grande fresque héroïque : celle d’un intellectuel parisien qui découvre soudain que l’armée israélienne n’est pas un club de vacances. Il a découvert que les forces israéliennes n’étaient pas celles de la Préfecture de Police de Paris. Quant au mot « torture » utilisé par lui, il fait sourire. Apparemment, être réveillé toutes les deux heures et passer quelques jours en cellule équivaut désormais aux pires sévices du droit international. Qu’il ait pu prendre quelques coups n’est pas impossible, et même probable, mais on serait curieux de connaître son attitude au moment de l’interpellation. Les forces spéciales israéliennes ne distribuent pas des pains au chocolat à ceux qui gesticulent en hurlant « vous violez le droit international ». Et puis, rappelons-le : il a été expulsé. Pas poursuivi. Pas jugé. Pas condamné. Pas emprisonné pendant des années. Expulsé. C’est-à-dire : “Merci d’être venu, au revoir, bon retour”. On a vu plus tyrannique comme traitement. Surtout pour quelqu’un qui, sur le plan juridique, aurait très bien pu finir avec une peine ferme pour tentative délibérée de franchissement de zone militaire. Mais non : on lui a tendu une passerelle vers l’avion, pas vers la prison à perpétuité. Au fond, e dans toute cette histoire, Thomas Guénolé savait parfaitement ce qui allait se passer. Tout était écrit à l’avance : l’interception, la garde à vue, la cellule, les conditions un peu rudes, les caméras à la sortie, les plateaux télé à l’arrivée, et le récit héroïque à vendre. Comme une mauvaise pièce de théâtre où l’acteur principal se prend soudain au sérieux et oublie que tout cela relève d’un militantisme scénarisé, pas d’une guérilla urbaine.

Si la flottille était une opération humanitaire, alors Guénolé y a participé comme acteur de premier rôle. Mais si c’était une opération de communication, ce qu’elle était exclusivement, alors il en est devenu la mascotte parfaite : celle de la vulnérabilité fabriquée, mise en scène, amplifiée, monétisée symboliquement. Et, à en juger par son indignation vibrante au retour, on peut dire qu’il y a cru. Vraiment. Peut-être même un peu trop.

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