Le légendaire investisseur Warren Buffett, par l’intermédiaire de sa société Berkshire Hathaway, a surpris la planète finance en effectuant l’un de ses virages les plus spectaculaires de ces dernières années : un pari massif sur Alphabet, la maison-mère de Google. Celui que l’on surnomme « l’Oracle d’Omaha », connu pour sa prudence légendaire vis-à-vis de la tech (à l’exception notable d’Apple), a décidé en quelques semaines de se jeter dans l’arène de l’intelligence artificielle comme rarement auparavant. Le geste est d’autant plus remarqué que Buffett avait souvent répété qu’il évitait les entreprises qu’il ne comprenait pas parfaitement. Cette fois, il semble avoir changé de doctrine, signe que l’IA a franchi un seuil stratégique irréversible dans l’économie mondiale. Ce pari s’est matérialisé par l’achat de 17,8 millions d’actions Alphabet, pour un investissement estimé entre 3,14 et 4,53 milliards de dollars selon le prix d’acquisition. Un montant colossal même pour Berkshire, qui gère pourtant plus de 900 milliards d’actifs. Mais le plus spectaculaire est venu ensuite : en seulement quelques semaines, la flambée du titre, dopée par l’euphorie autour de l’IA générative et par le lancement très médiatisé de Gemini 3, a propulsé la valeur de cette participation à environ 5,81 milliards de dollars. Soit un gain latent proche de 1,5 milliard. Un coup de maître. Un rappel que, même à 95 ans, Buffett reste capable de surprendre les marchés mondiaux comme au premier jour. Pourquoi Alphabet ? Parce que Google, longtemps considéré comme un géant vieillissant, a su réactiver une dynamique d’innovation spectaculaire. Les investisseurs saluent non seulement la puissance de ses modèles d’IA, mais aussi sa stratégie dans les semi-conducteurs, domaine devenu le cœur de la compétition technologique mondiale. Le virage vers la fabrication et la conception de puces spécialisées pour l’IA marque une rupture : Google ne veut plus seulement être un acteur logiciel, mais un acteur industriel complet, capable de concurrencer Nvidia ou AMD. Pour un investisseur comme Buffett, c’est un signal clair qu’une transformation structurelle est en cours. Ce choix marque aussi un tournant plus large : la reconnaissance, par l’un des investisseurs les plus prudents du monde, que l’intelligence artificielle n’est plus une mode spéculative mais une révolution économique durable. Quand Buffett met plusieurs milliards sur la table, le marché écoute et il s’est d’ailleurs empressé de suivre. Les actions Alphabet ont atteint des records historiques, en partie grâce à l’effet psychologique créé par Berkshire Hathaway, dont chaque mouvement est scruté comme une prophétie économique. En pariant sur Google, Buffett ne se contente pas de gagner 1,5 milliard en quelques semaines : il valide l’idée que l’IA est désormais le moteur central de la valeur future. Et il rappelle au passage qu’en matière d’instinct financier, même au crépuscule de sa carrière, il reste l’un des plus grands.
Warren Buffett réalise une belle opération avec Google








