Le Livret A a enregistré une collecte positive de 80 millions d’euros en juillet 2026, mettant fin à six mois de décollecte. Mais ce chiffre, dérisoire comparé aux 1,34 milliard d’euros de moyenne décennale, révèle l’échec de la revalorisation du taux à 1,7%. Pendant que le gouvernement se félicite, l’assurance vie explose et les Français fuient massivement les produits réglementés.
Le gouvernement se réjouit d’une collecte positive du Livret A en juillet 2026 après six mois de déclin. Toutefois, les chiffres montrent une autre réalité. Avec seulement 80 millions d’euros de collecte nette, loin des 1,34 milliard d’euros habituellement enregistrés par le passé, le Livret A est en difficulté. La hausse du taux de 1,5% à 1,7%, annoncée le 15 juillet, n’a eu que peu d’impact. Pendant ce temps, l’assurance vie connaît un succès sans précédent depuis vingt ans. L’État fait face à un constat amer : les Français se détournent du Livret A.
Un taux de 1,7% : est-ce suffisant ?
En août 2026, le taux du Livret A est passé de 1,5% à 1,7% dans un contexte d’inflation croissante. Mais avec une assurance vie offrant environ 2,7% sur les fonds en euros, le Livret A peine à convaincre. Philippe Crevel, président du Cercle de l’épargne, souligne : « L’augmentation du taux a légèrement stimulé la collecte, mais n’a pas suffi à rendre le Livret A attractif. »
Une collecte de 80 millions d’euros : un chiffre qui en dit long
En juillet 2026, la collecte nette du Livret A s’élève à 80 millions d’euros, un chiffre dérisoire comparé aux performances passées. En effet, la moyenne décennale pour juillet est de 1,34 milliard d’euros. Même lors de taux bas, le Livret A faisait mieux. La Caisse des dépôts et consignations confirme ce désintérêt croissant, avec un encours total de 608,4 milliards d’euros fin juillet 2026, en baisse d’un milliard par rapport à l’année précédente.
Un aveu du gouvernement : le Livret A ne séduit plus
Malgré des communiqués rassurants, les chiffres témoignent d’une désaffection pour le Livret A, qui a connu sa pire performance depuis près de vingt ans au premier semestre 2026, avec six mois de décollecte. La hausse du taux à 1,7% en juillet n’a provoqué qu’une réaction modeste. Les remboursements fiscaux de fin juillet ont aussi contribué aux dépôts, créant une illusion de reprise.
Un rebond insignifiant après six mois de décollecte
De janvier à juin 2026, les retraits ont surpassé les dépôts sur le Livret A, une première. Le LDDS, similaire au Livret A, a enregistré 30 millions d’euros de décollecte en juillet, malgré la hausse de taux. Philippe Crevel note que même avec un taux relevé, le LDDS continue à perdre des fonds. Le Livret d’Épargne Populaire (LEP), destiné aux ménages modestes, subit sa cinquième décollecte consécutive avec 90 millions d’euros retirés en juillet.
Une comparaison révélatrice : 1,34 milliard contre 80 millions
Les 80 millions d’euros de collecte en juillet 2026 représentent à peine 6% de la moyenne décennale, illustrant un changement dans les habitudes d’épargne. Les Français cherchent des rendements réels, acceptant davantage de risques. L’épargne salariale et les plans d’épargne retraite captent une partie des flux, mais c’est surtout l’assurance vie qui en bénéficie.
L’assurance vie en forte croissance : un défi pour l’État
Alors que le Livret A peine à attirer, l’assurance vie connaît un essor remarquable. Les premiers mois de 2026 ont vu une forte collecte, grâce à des rendements compétitifs et à la performance des marchés actions. Les assureurs offrent environ 2,7% sur les fonds en euros, bien au-dessus des 1,7% du Livret A, avec en plus une fiscalité avantageuse après huit ans de détention.
Les épargnants se détournent des produits réglementés
Le Cercle de l’épargne constate : « L’épargne se segmente avec un recul des produits réglementés et une montée des produits de long terme comme l’assurance vie et le Plan d’Épargne Retraite. » Bien que l’encours du LEP atteigne 83,4 milliards d’euros fin juillet 2026, les décollectes montrent que même les ménages modestes préfèrent utiliser leur épargne plutôt que la laisser sur des produits peu rémunérateurs.
Un second semestre sombre : l’illusion de juillet s’évanouit
Le rebond de juillet 2026 est une anomalie statistique, pas un signe de reprise. L’effet temporaire du relèvement de taux et des remboursements fiscaux s’estompera. En août, les dépenses liées à la rentrée scolaire, suivies des fêtes de fin d’année, inciteront les ménages à puiser dans leur épargne. Les experts prévoient un retour rapide à la décollecte dès septembre.
Les dépenses de rentrée et de fin d’année pèseront lourd
Septembre est synonyme de dépenses importantes pour les ménages français. Fournitures scolaires, inscriptions, équipements : autant de coûts qui augmentent la pression budgétaire. Avec la hausse des prix de l’électricité et des produits alimentaires, les Français continueront de retirer de leur Livret A. En novembre et décembre, les achats de Noël renforceront cette tendance. La rémunération de 1,7% ne suffira pas à changer cette dynamique. Le gouvernement le sait, mais préfère mettre en avant un rebond illusoire plutôt que de reconnaître l’échec de sa politique d’épargne réglementée. Les 80 millions d’euros de juillet resteront comme un dernier sursaut d’un produit en déclin.








