ENI parie sur la fusion 2040 tout en maintenant ses activités pétrolières

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ENI parie sur la fusion 2040 tout en maintenant ses activités pétrolières
ENI parie sur la fusion 2040 tout en maintenant ses activités pétrolières © www.nlto.fr

ENI annonce viser une centrale à fusion nucléaire commerciale en Europe d’ici le début des années 2040, s’appuyant sur son partenariat avec Commonwealth Fusion Systems et l’UKAEA. Mais cette promesse lointaine interroge : pendant que le groupe italien mise sur une technologie hypothétique, il continue d’exploiter le pétrole aujourd’hui. Greenwashing ou vraie transition ?

ENI anticipe l’avenir avec son projet de fusion nucléaire prévu pour 2040, mais continue l’extraction pétrolière en 2026. Le groupe italien affiche une double stratégie : envisager la décarbonation future tout en profitant des hydrocarbures actuels. Annoncer sa participation à une centrale à fusion commerciale en Europe d’ici le début des années 2040 semble une promesse éloignée face à l’urgence climatique actuelle.

Une promesse de fusion nucléaire face à l’urgence climatique

ENI prévoit quatorze ans pour contribuer à une centrale de fusion en Europe, alors que les rapports du GIEC se multiplient et que les températures battent des records chaque été. Le délai jusqu’aux années 2040 permet au groupe de continuer l’exploitation pétrolière sans contraintes immédiates. Francesca Ferrazza, responsable des initiatives de fusion chez ENI, mentionne l’évolution des technologies et des attentes récentes. Cependant, l’urgence climatique ne peut attendre les avancées technologiques hypothétiques de 2040.

La fusion nucléaire, source d’énergie propre et abondante, reste un rêve depuis soixante ans. Personne n’a encore réussi à produire plus d’énergie qu’il n’en faut pour initier la réaction. Commonwealth Fusion Systems (CFS), partenaire d’ENI, développe des réacteurs à confinement magnétique, attirant les investisseurs. En septembre 2025, ENI a signé un accord d’achat d’électricité d’un milliard de dollars avec CFS, pariant sur une production future aux États-Unis.

ENI : entre fusion nucléaire et exploitation pétrolière

Francesca Ferrazza évoque la fusion comme la « prochaine raffinerie » d’ENI, révélant une continuité plutôt qu’une rupture avec le modèle historique. ENI souhaite appliquer son savoir-faire de raffineur à la fusion, en récupérant et réutilisant le tritium et le deutérium des réacteurs. Une coentreprise avec l’UKAEA, créée en 2026, proposera des services de conseil sur le cycle du combustible de fusion. Le modèle extractiviste perdure, seul le produit change.

ENI investit un milliard de dollars dans la fusion, mais ses investissements dans les énergies renouvelables restent flous. Le groupe met en avant ses partenariats technologiques futuristes, mais peu ses initiatives concrètes dans l’éolien, le solaire ou l’hydrogène vert. Les projets renouvelables, moins médiatisés mais immédiatement efficaces, restent en retrait par rapport aux annonces de fusion.

La fusion nucléaire : promesse lointaine, pétrole présent

Commonwealth Fusion Systems représente l’espoir du secteur privé pour la fusion, avec des levées de fonds importantes et des technologies prometteuses. Cependant, le tritium, isotope rare et radioactif, constitue un obstacle technique et économique. ENI mise sur une résolution de ces défis d’ici 2040, mais si CFS échoue, le groupe risque de perdre du temps sur une technologie incertaine. Pendant ce temps, les infrastructures mondiales subissent déjà les effets du changement climatique.

Bien que la concurrence s’intensifie dans la fusion, le véritable enjeu se situe entre les énergies fossiles actuelles et les renouvelables qui décarbonent immédiatement. ENI choisit de miser sur la fusion en 2040 plutôt que d’accélérer sur les énergies renouvelables actuelles. La fusion pourrait marquer une rupture énergétique majeure ou rester une promesse non tenue, retardant la transition réelle. ENI parie sur la première hypothèse, mais la planète pourrait en payer le prix si la seconde se réalise.

Résumé : ENI projette de contribuer à une centrale de fusion en Europe d’ici 2040, en partenariat avec Commonwealth Fusion Systems et l’UKAEA. Cet horizon éloigné pose question : l’urgence climatique nécessite des solutions immédiates. ENI continue d’exploiter le pétrole tout en se revendiquant à la pointe de l’innovation décarbonée. La fusion est un pari risqué et coûteux, tandis que les énergies renouvelables sont déjà opérationnelles.

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