La dette française pourrait atteindre 138% du PIB en 2033

Emmanuel Macron fustigeait l’Italie pour sa dette à 100% du PIB. Aujourd’hui, la France se dirige vers 138% en 2033 selon UBS, avec des dépenses publiques à 57,2% du PIB et des retraites à 13,1% contre 10,8% en zone euro. Aucun candidat à la présidentielle 2027 n’ose proposer les coupes budgétaires nécessaires pour inverser une trajectoire devenue insoutenable.

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La dette française pourrait atteindre 138% du PIB en 2033 © www.nlto.fr

Emmanuel Macron, autrefois fervent défenseur de la discipline budgétaire européenne, avait critiqué l’Italie pour sa dette publique dépassant 100% du PIB. Ironiquement, la France, sous sa présidence, pourrait atteindre 138% de dette en 2033, d’après UBS. Contrairement à l’Italie qui admet ses difficultés, la classe politique française semble ignorer la gravité de la situation. Aucun candidat déclaré à la présidentielle de 2027 n’avance de réelles mesures de réduction des dépenses pour inverser cette tendance.

Macron et les critiques envers l’Italie

Entre 2017 et 2022, Emmanuel Macron s’érigeait en champion de la rigueur budgétaire en Europe, critiquant ouvertement l’Italie pour son endettement. Paris fustigeait Rome pour son manque de discipline financière, notamment sous les gouvernements populistes de la coalition Lega-Mouvement 5 Étoiles et de Giorgia Meloni. Ces interventions étaient saluées par Bruxelles.

Alors que l’Italie a vu sa dette culminer à 135% en 2020 avant de baisser, la France suit la trajectoire inverse. Selon UBS, si la France n’adopte pas de mesures budgétaires supplémentaires, elle atteindra 138% du PIB d’ici 2033. Depuis 1974, la France n’a enregistré que trois excédents primaires, malgré des recettes fiscales parmi les plus élevées d’Europe.

UBS : un diagnostic alarmant pour la France

Dans son rapport de septembre 2026, UBS prévient que si le déficit primaire de la France reste inchangé, la dette publique explosera, avec une charge atteignant 65 milliards d’euros en 2026, dépassant le budget de l’Éducation nationale. Les marchés financiers commencent à anticiper ces difficultés : le spread franco-allemand a atteint son plus haut niveau depuis 2012, traduisant une méfiance croissante des investisseurs.

Avec des dépenses publiques représentant 57,2% du PIB en 2025, la France se distingue par un déséquilibre structurel. La croissance économique, revue à la baisse par l’INSEE et le gouvernement, ne suffira pas à compenser ces déficits.

Les candidats 2027 face à l’impasse budgétaire

Marine Le Pen, favorite pour 2027, promet 125 milliards d’euros de réductions budgétaires sans préciser les secteurs visés, tandis que Jean-Luc Mélenchon propose d’annuler 18% de la dette détenue par la Banque de France. Ces propositions sont jugées irréalistes par les économistes, surtout avec une croissance prévue à 0,4% pour 2026.

Le ministre de l’Économie Roland Lescure a récemment admis que l’objectif de limiter le déficit à 5% du PIB en 2026 est désormais hors de portée. Sans majorité parlementaire, le gouvernement Lecornu pourrait reconduire le budget 2026 jusqu’aux législatives de 2027, retardant ainsi toute réforme majeure.

Les défis budgétaires ignorés

Les retraites, représentant 13,1% du PIB, contre 10,8% en moyenne dans la zone euro, constituent un enjeu majeur. Pourtant, aucune réforme significative n’est envisagée, bien que cela permettrait de significatives économies budgétaires. Les marchés financiers, avec un spread franco-allemand de 0,9 point, signalent déjà une crise potentielle, exacerbée par l’incapacité de la France à réduire ses dépenses et son déficit.

Face à ces défis, Emmanuel Macron, qui critiquait autrefois l’Italie, doit maintenant faire face à une France en difficulté. Les candidats à la présidentielle de 2027 évitent de s’attaquer à cette équation budgétaire délicate, tandis que les électeurs rejettent l’idée d’austérité. La situation reste critique, et la facture pourrait être lourde d’ici 2033.

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