Retraite : après l’Allemagne, l’Italie va ouvrir un livret d’épargne retraite pour les enfants

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Retraite : après l'Allemagne, l'Italie va ouvrir un livret d'épargne retraite pour les enfants
Retraite : après l’Allemagne, l’Italie va ouvrir un livret d’épargne retraite pour les enfants © www.nlto.fr

L’Italie prévoit un livret de retraite de 1 000 euros pour chaque nouveau-né, sur le modèle allemand. Mais cette mesure spectaculaire masque un renoncement : celui de s’attaquer aux vrais freins à la natalité. Logement inaccessible, emplois précaires, salaires insuffisants : voilà ce qui empêche les jeunes couples d’avoir des enfants. Giorgia Meloni choisit la capitalisation plutôt que la solidarité, transférant aux citoyens la responsabilité de leur retraite.

L’Italie suit l’exemple de l’Allemagne en proposant un livret de prévoyance de 1 000 euros pour chaque nouveau-né, prétendu remède à la crise démographique. Giorgia Meloni prévoit d’intégrer cette mesure au budget 2027. Cependant, cette initiative masque la réticence à aborder les véritables obstacles à la natalité. Tandis que le gouvernement italien offre un fonds de pension aux enfants, il ignore que le manque de logements abordables, d’emplois stables et de salaires décents dissuade les jeunes couples de fonder une famille. Ce dispositif budgétaire transfère ainsi la responsabilité de la retraite aux citoyens.

Le livret de 1 000 euros : une solution illusoire

Le programme italien propose deux options : un versement unique de 1 000 euros à la naissance ou 50 euros par mois pendant trois ans, totalisant 1 800 euros. Cet argent, bloqué jusqu’à la retraite et investi sur les marchés financiers, vise à garantir un complément de revenu. Les parents et grands-parents pourront également alimenter ce livret tout au long de la vie active de l’enfant. Selon Le Figaro, le dispositif pourrait être adopté dès 2027.

Les vrais freins à la natalité ignorés par Meloni

En 2025, l’Italie a enregistré 355 000 naissances, soit une baisse de 3,9% par rapport à 2024. Le taux de fécondité a chuté à un niveau historiquement bas de 1,14 enfant par femme. Toutefois, comme l’indique Quotidiano, un fonds de pension ne persuade pas un couple d’avoir un enfant. Ce sont plutôt un emploi stable, un logement abordable, des services à l’enfance, des congés utilisables, un système éducatif fonctionnel et des salaires adéquats qui peuvent influencer cette décision.

Un fonds de pension ne remplace ni emploi stable ni logement abordable

Giorgia Meloni propose 1 000 euros pour dans 67 ans, mais ne résout pas les problèmes actuels tels que les loyers élevés. Elle promet un complément de retraite par capitalisation, mais ignore la précarité des jeunes actifs italiens. Les questions essentielles restent sans réponse : comment devenir propriétaire avec des salaires stagnants ? Comment élever des enfants sans crèches publiques ? Comment concilier travail et parentalité sans congés parentaux adéquats ? Le livret de prévoyance détourne l’attention des urgences sociales et transforme une crise structurelle en problème individuel.

Le modèle allemand : capitalisation au détriment de l’État-providence

En 2026, l’Allemagne a mis en place un dispositif similaire : l’État verse 10 euros par mois aux enfants scolarisés de 6 à 18 ans, bloqués jusqu’à la retraite à 67 ans. Berlin présente cela comme un investissement dans l’avenir, mais cela marque un changement idéologique : l’État se retire progressivement de sa mission de garantir des pensions décentes par répartition, transférant le risque financier aux individus dès l’enfance.

Allemagne 2026 : 10 euros mensuels pour les enfants

Dix euros par mois pendant douze ans totalisent 1 440 euros. Bien que ces sommes puissent générer un capital sur les marchés financiers pendant 50 ans, les rendements sont soumis aux aléas boursiers. France Info souligne que ce modèle transfère les risques aux citoyens. Pendant ce temps, le système par répartition perd du terrain en Europe, l’Allemagne choisissant la capitalisation au détriment de la solidarité intergénérationnelle.

La logique néolibérale : privatisation et responsabilisation

Ce changement reflète une vision politique : l’individu doit s’autonomiser, l’État se désengage. Les retraites par répartition, financées par les cotisations des actifs, garantissaient un revenu pour tous les retraités. La capitalisation promet des rendements aux meilleurs gestionnaires, accentuant les inégalités entre ceux qui peuvent alimenter leur épargne et ceux qui survivent au jour le jour. Comme l’a noté Anasse Kazib dans son programme présidentiel, ce glissement vers la capitalisation démantèle l’État-providence construit après 1945.

L’Italie et l’Allemagne : l’abandon du système par répartition

Avec une natalité insuffisante et une population vieillissante, l’Italie voit son système de retraite par répartition vaciller malgré un âge légal fixé à 67 ans. Plutôt que de stimuler la natalité avec des politiques familiales ambitieuses, Meloni choisit de miser sur les marchés financiers en espérant qu’ils compenseront le manque.

Un choix idéologique en faveur de la capitalisation

Giorgia Meloni aurait pu investir dans les crèches, les congés parentaux et les aides au logement, ou améliorer les salaires et stabiliser les contrats de travail. Elle a préféré introduire un livret d’épargne, validant ainsi l’idée que l’État ne peut plus garantir seul les retraites. Ce choix marque le passage d’un modèle solidaire à un modèle assurantiel, préparant les esprits à la gestion individuelle du risque vieillesse.

La France face à un choix crucial avant 2027

En France, le débat sur les retraites est récurrent. La droite veut étendre la capitalisation, tandis que la gauche défend la répartition. L’exemple italien montre où mène la première option : un retrait progressif de l’État, une individualisation des risques, une aggravation des inégalités. Avant la présidentielle de 2027, les Français devront choisir entre suivre l’exemple de l’Italie et de l’Allemagne ou renforcer la solidarité intergénérationnelle, quitte à augmenter les cotisations ou réformer la fiscalité. Le livret de 1 000 euros n’est pas une innovation sociale, mais un renoncement politique déguisé en cadeau de naissance.

Le dispositif italien, séduisant par sa simplicité apparente, détourne l’attention des véritables causes de l’effondrement démographique. Les jeunes Italiens ne fondent pas de familles faute de moyens matériels et sociaux. Un livret d’épargne ne changera pas cette situation, il reporte simplement le problème dans le temps tout en transférant le risque financier sur les individus. Pendant ce temps, les inégalités se creusent, l’État-providence recule, et la solidarité collective s’effrite. La France doit tirer les leçons de cette dérive avant qu’il ne soit trop tard.

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