Ce mardi 15 septembre, policiers, agents EDF, soignants et enseignants se mobilisent simultanément. Entre le tarif agent EDF à 700 millions d’euros, les 500 millions réclamés par la police et le milliard exigé par la santé, la grève ressemble à un inventaire de revendications sectorielles. Pendant ce temps, l’urgence climatique attend son tour.
Ce mardi 15 septembre, de nombreux secteurs publics se mobilisent pour défendre leurs intérêts. À qui profite réellement cette mobilisation générale ? Est-ce aux mieux rémunérés ou à la France, qui attend des réponses sur des sujets cruciaux comme l’énergie, la santé et le climat ? Les demandes des policiers pour 300 à 500 millions d’euros supplémentaires, celles des agents EDF pour conserver leur tarif préférentiel de 700 millions d’euros, et celles des soignants réclamant le déblocage de 1,1 milliard d’euros, illustrent une juxtaposition de revendications sectorielles. Alors que la CGT coordonne ces actions, une question persiste : où se situe l’intérêt général dans cette liste de demandes ?
Le tarif agent EDF : un acquis contesté
Le tarif agent EDF suscite de vives tensions. Environ 140 000 salariés et 160 000 retraités bénéficient de réductions sur leurs factures d’électricité et de gaz, coûtant 700 millions d’euros pour 2024. À Toulouse, agents et retraités du secteur se rassemblent devant les sièges des directions régionales d’EDF. La FNME-CGT insiste sur l’historique de ce statut, le présentant comme une conquête. Mais pour qui ? Pour 300 000 personnes alors que 67 millions de Français paient le tarif plein ? Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME-CGT, souligne des conditions d’embauche inférieures à celles du privé pour des compétences égales, mais cet argument peine à convaincre face à des économies significatives pour les bénéficiaires.
La Cour des comptes critique ce dispositif dans son rapport annuel, estimant qu’il affecte la compétitivité d’EDF et, par ricochet, les tarifs des consommateurs. En réponse, les syndicats défendent ces avantages en invoquant la pénibilité du métier et des horaires décalés, des arguments qui ne convainquent pas toujours, d’autres professions exposées aux mêmes contraintes n’ayant pas de tels privilèges. Ce débat met en lumière les avantages catégoriels dans un contexte de creusement des inégalités.
Police, santé, éducation : des demandes en hausse face à un État débordé
Les policiers réclament une revalorisation de leur prime de risque, l’ISSP, gelée depuis 2019, avec un besoin de 300 à 500 millions d’euros supplémentaires. À 11h30, ils défilent sur les Champs-Élysées après avoir rencontré le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Parallèlement, les soignants demandent le déblocage immédiat de 1,1 milliard d’euros en réserve au ministère de la Santé. Sandrine Calvy de l’union CGT Marne santé-action sociale insiste sur la nécessité d’un financement à la hauteur des besoins. À Nantes, les agents protestent contre des salaires inférieurs au Smic. À ces revendications s’ajoutent celles des enseignants et autres professions. L’État peut-il satisfaire ces demandes totalisant 2,3 milliards d’euros pour cette seule journée ?
Le climat, absent des revendications salariales
Entre 19h30 et 21h, Greenpeace, #Noustoutes et Amnesty International manifestent devant le ministère de l’Économie, réclamant l’intégration des enjeux climatiques dans le budget 2027. Ils demandent des mesures concrètes contre le dérèglement climatique. Cette présence soulève la question de la conciliation entre préservation du pouvoir d’achat, augmentations salariales et transition écologique. Les programmes de certains candidats à la présidentielle 2027 promettent des hausses de salaires et des investissements climatiques, mais sans explication de financement. Alors que les agents EDF défendent leur tarif préférentiel, qui s’occupe de la rénovation thermique des logements ? Pendant que les policiers demandent 500 millions, qui finance les infrastructures de transport décarboné ? La grève du 15 septembre montre une impasse : chaque secteur défend ses acquis, sans vision d’ensemble.
29 septembre : une fonction publique en quête de cohérence
La journée du 15 septembre n’est qu’un prélude. Une grève générale de la fonction publique est prévue pour le 29 septembre. La CGT critique la suppression de 45 000 lits d’hôpitaux sous l’ère Macron et la dégradation des conditions de travail dans les services publics. Cependant, en multipliant les actions sectorielles avant une mobilisation générale, les syndicats risquent de diluer leur message. Ils présentent une addition de revendications corporatistes plutôt qu’un projet politique homogène. Comme le débat sur les retraites, la défense des acquis sociaux se confronte à des réalités budgétaires strictes. La fonction publique doit choisir entre défendre chaque avantage catégoriel ou élaborer un nouveau pacte social plus inclusif. Le 29 septembre révèlera leur décision.










