Au Yémen, le renoncement des séparatistes présage une sortie de crise



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30 Juillet 2020

Dans le cadre d’un accord de partage du pouvoir, les séparatistes du Sud du Yémen se sont engagés à renoncer à faire sécession. Une annonce qui laisse espérer une sortie politique de cette guerre atroce.


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Mercredi 29 juillet, les séparatistes du Conseil de transition du sud (STC) ont annoncé qu’ils renonçaient à leur sécession. Une bonne nouvelle pour le pays, puisque ce séparatisme avait été un nouveau conflit, né après l’opposition primaire contre les rebelles houthistes. « Le STC « annonce qu’il renonce à sa déclaration d’autonomie », afin de permettre l’application de l’accord de Ryad, a écrit sur Twitter le porte-parole de cette instance, Nizar Haitham, évoquant le rôle joué par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis pour parvenir à cette décision. L’Arabie saoudite a confirmé avoir proposé un plan pour « accélérer » la mise en œuvre de l’accord de Riyad de 2019, a rapporté l’agence de presse officielle saoudienne SPA. Le plan prévoit que le premier ministre yéménite forme un nouveau gouvernement d’ici à trente jours, ainsi que la nomination d’un nouveau gouverneur à Aden, la capitale provisoire du pays, où sont basés les séparatistes » rapporte Le Monde.
 
Si cette avancée majeure doit mettre un terme aux conflits entre les parties pro gouvernement et séparatistes du sud, qui était une sérieuse épine dans le pied de l’Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis. Jusqu’ici les deux puissances du Golfe voyaient, impuissants, le camp qu’ils soutiennent s’entredéchirer. « Cette guerre dans la guerre a rendu encore plus complexe un conflit qui, en cinq ans, a fait des dizaines de milliers de morts et a provoqué, selon les Nations unies, la pire crise humanitaire en cours dans le monde, dans un pays qui est le plus pauvre de la péninsule arabique » conclue Le Monde. 

Reste désormais à savoir, si cette fragile unité du Sud du pays va changer la donne dans la pression qui est mise sur les territoires contrôlés par les forces houthies, soutenues par l’Iran. Ce qui est certain, c’est que c’est au Yémen que va se jouer pour encore des mois le grand affrontement des impérialismes orientaux.