Carburant à prix coûtant : que prévoient les distributeurs






21 Septembre 2023

Alors que les prix du carburant continuent de grimper, les distributeurs français se mobilisent pour offrir des alternatives aux automobilistes. Si la vente à perte a été écartée, les opérations de carburant à prix coûtant se multiplient.


Pas de vente de carburants à perte, mais...

L’appel de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, et de la Première ministre Élisabeth Borne, a fait réagir les distributeurs. Mais pas comme elles le souhaitaient. L'idée initiale de permettre la vente à perte à partir de décembre 2023 n'a pas trouvé d'écho favorable. Cependant, plusieurs enseignes ont annoncé des opérations de vente de carburant à prix coûtant, c'est-à-dire sans marge, pour les mois de septembre, octobre, novembre et décembre 2023.

Intermarché a programmé quatre opérations pour les week-ends du 29-30 septembre, 27-28 octobre, 24-25 novembre et 15-16 décembre 2023.

Casino n'est pas en reste avec des ventes prévues les 15-17 septembre, 22-24 septembre, 29 septembre-1er octobre, 6-8 octobre, 13-15 octobre et 20-22 octobre 2023. Toutes les opérations de Casino concernent les hypermarchés hors Corse.

Système U a également annoncé une vente à prix coûtant pour les 6 et 7 octobre 2023, et d'autres dates pourraient suivre.

À peine quelques euros de gain sur le plein

Olivier Gantois, président de l'Ufip Énergies et Mobilités, a souligné que l'économie pour les automobilistes serait minime, de l'ordre de 70 à 90 centimes d'euro pour un plein de 70 à 90 litres. Dans le meilleur des cas, ce seront quelques euros sur le plein que les automobilistes réussiront à économiser. Mais il faut faire attention : ces opérations sont souvent accompagnées de conditions, comme des bons d'achat à dépenser en magasin, faisant du carburant un produit d'appel pour les enseignes.

Les stations-service indépendantes se retrouvent, de leur côté, dans une situation délicate. Contrairement aux grandes surfaces, elles ne peuvent pas se permettre de vendre à prix coûtant en raison de marges déjà faibles. Le syndicat Mobilians a même évoqué une « concurrence déloyale », soulignant que les grandes et moyennes surfaces peuvent s'appuyer sur d'autres activités pour proposer des prix compétitifs. Le syndicat a néanmoins obtenu du gouvernement que des compensations financières soient mises en place.