Cocktail, la Blitzspritz






12 Aout 2014

Cocktail vénitien par excellence, le spritz essaime un peu partout. C’est la boisson chic de l’été.


Orangé, amer, bitter… Le spritz est à Venise, ce que le Pimm’s est à l’Angleterre ou le Martini à la France. Originaire de Venise, ce cocktail a vite fait de quitter la lagune pour égrainer un peu partout en Europe. Traditionnellement, on consomme le spritz dès la fin d’après-midi sur une terrasse à Venise. C’est aussi une boisson appréciée dans le Nord de l’Italie en général, de Trieste à Padoue, en passant par Bologne.
 
Pourtant, c’est bien à Venise qu’est né ce breuvage. Au XIXe siècle, la ville éternelle tombe dans l’escarcelle des Autrichiens. Les soldats, trouvant le vin local trop alcoolisé, prennent l’habitude d’y ajouter de l’eau. Cette action est appelée spritzen, et donnera son nom à la boisson. Plus tard, c’est de l’eau de Seltz qui servira à noyer le vin. Mais aussi, des boissons amères, comme l’Aperol ou le Campari (groupe Campari), obtenues avec des zests d’agrumes ou même des racines, d’où leurs noms de bitters.

Aujourd’hui, la recette du spritz a bien évolué. Le cocktail se compose d’eau gazeuse, de prosecco, un vin blanc pétillant italien et d'une liqueur amère comme l’Aperol par exemple, le Campari ou le Select. Une tranche d’orange, une grosse olive verte, de la glace, et le tour est joué. Certaines recettes « pointues » utilisent du Cynar, une liqueur obtenue avec des artichauts. À chacun ensuite, son dosage et sa façon de faire. Dans tous les cas, c’est l’amertume qui fait le spritz.
 
Depuis quelques saisons, le spritz a quitté Venise. On le trouve un peu partout en Europe et aux États-Unis dans les endroits branchés. Même en France, il ferait l’objet d’une spritzmania… En France pourtant, les cocktails ne sont pas dans les habitudes. Cette mode est pourtant en train de tout emporter. Le spritz fait exception, entre autres. Certainement à cause du souvenir de Venise qu’il procure à la première gorgée. Chacun sa madeleine...