De plus en plus de mineurs sur les sites pornographiques






25 Mai 2023

Selon une vaste étude commandée par l’Arcom, la vague des sites X déferle sur les plus jeunes.


Cinquante minutes par mois à regarder des vidéos classées X

Crédit : Pixabay
C’est un fait, désormais mesuré avec précision par une étude de l’Arcom : les  sites pornographiques sont de plus en plus fréquentés par les mineurs. En effet, près d’un tiers des moins de 18 ans passent plus de cinquante minutes par mois sur des sites classés X auxquels ils sont censés ne pas avoir accès. Soit quasiment autant que les adultes...

Selon les résultats de cette vaste enquête menée par Médiamétrie en France en 2022 auprès de 25 000 panélistes, chaque mois, 2,3 millions de mineurs consultent librement en ligne des contenus pornographiques. Et ce en moyenne durant près d’une heure par mois. Depuis l’automne 2017, la mesure de cette audience se fait sur les trois types d’écran disponibles : ordinateur, tablette et bien sûr l’omniprésent smartphone. Cinq ans plus tard, on recense 600 000 mineurs de plus connectés à ces contenus classés X.

Des garçons mineurs de plus en plus jeunes

Cette consultation de plus en plus massive, effectuée à 75% depuis leur smartphone, se fait hors du regard parental, et auprès d’un public de plus en plus jeune dont cela contribuera à bâtir un regard faussé sur la sexualité et les rapports hommes-femmes. Ainsi, 51 % des garçons de 12-13 ans regardent des sites pornographiques chaque mois, et même 21 % des jeunes âgés de 10-11 ans.

Ce phénomène est clairement masculin : si 31 % des jeunes filles de 12-13 ans consultent ces sites, leur proportion diminue jusqu’à la majorité, alors qu’au contraire elle augmente chez les garçons. Pour l’instant, face à cette déferlante de contenus pornographiques librement accessibles aux mineurs en ligne, l’Arcom a mis en demeure quinze sites, exigeant qu’ils instaurent un véritable contrôle d’âge de leurs visiteurs. Le blocage de sept d’entre eux a été demandé, notamment le leader, Pornhub. Une décision du tribunal judiciaire de Paris à ce sujet est attendue pour le 7 juillet prochain.