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Des « cochons-singes » sont nés vivants en chine




11 Décembre 2019

La recherche sur les cellules souches présente des problèmes de bioéthique et est très encadrée dans l’Union européenne. C’est moins le cas en Chine où les scientifiques mènent des expériences très avancées et, parfois, étonnantes. Pour la première fois, des chimères « cochons-singes » sont nées et sont vivantes. Une avancée qui ne manque pas de poser de nombreuses questions.


Des animaux qui ont deux génotypes distincts

Pixabay/madartzgraphics
Pixabay/madartzgraphics
Si la chimère est un animal mythique, mi-lion mi-chèvre, en biologie la définition est différente : il s’agit d’animaux qui présentent deux génotypes, donc des cellules de deux espèces différentes qui, théoriquement, ne pourraient pas s’accoupler. Il ne s’agit donc pas, non plus, de croisements comme le ligre, mi-lion mi-tigre, qui, s’ils sont rares, sont naturels.

L’équipe de chercheurs du Laboratoire de recherche de biologie de la reproduction et des cellules souches de Pékin ont réussi un exploit : ils ont réussi à faire naître, vivants, des chimères « cochons-singes ». Deux, très exactement, sur une portée de dix porcelets. Toute la portée est toutefois décédée dans la semaine qui a suivi leur naissance, mais l’avancée est bien là, d’autant plus que, selon les chercheurs, c’est la fécondation in vitro qui serait la cause principale de la non-viabilité des animaux..

Pourquoi créer des hybrides ?

Les résultats de la recherche, publiés le 28 novembre 2019 sur la revue Protein & Cell, précise que les porcelets chimériques avaient des cellules issues de singes de l’espèce macaque crabier. Les animaux contenaient une cellule de singe pour 1.000 à 10.000 cellules de cochon, donc un ratio très bas. Et les résultats de la recherche ont été accueillis de manière très mitigée par le monde scientifique.

Toutefois, l’intérêt pour les chimères et les cellules souches reste entier : ces cellules, qui ne sont pas encore différenciées, pourraient permettre de créer artificiellement des organes humains pour répondre aux besoins de greffes. Mais on est encore loin d’y parvenir