Des meubles oui, mais modulables






19 Novembre 2014

Évolutifs, deux en un, modulables, mobiles, modulaires, amovibles… Les meubles d’aujourd’hui s’adaptent aux nouvelles donnes : familles recomposées, petits espaces, différentes activités au cours d’une même journée, télé-travail… Les designers en ont terminé avec le mobilier figé. Place aux meubles adaptables.


Le canapé évolutif Bikini Island de Werner Aisslinger
Les parois sont mobiles ou coulissantes, les canapé-lits évolutifs… Il semblerait que le temps du mobilier unique à fonction unique, lit, canapé, bureau, table… soit bien terminé. Il en est de même des pièces : dépassés, has been, les chambres, cuisines, salles à manger ou bureaux… Aujourd’hui, la conception de la maison a changé. Elle a évolué en même temps que les transformations induites par les nouvelles technologies d’une part, et les mutations sociétales d’autre part. Résultat, les designers ont dû réfléchir à ces nouvelles « contraintes » ou évolutions tout simplement.
 
Ils ont donc imaginé des meubles qui répondent aux attentes des consommateurs et s’adaptent à de nouveaux modes de vie. Les meubles à fonction unique tendent à disparaître. Ils sont remplacés par des créations modulables, muti-usages. Ainsi, explique le designer Werner Aisslinger, créateur du canapé-lit évolutif « Bikini Island » pour la marque de mobilier Moroso, dans M Le Magazine du Monde : « Le canapé mono-direction tourné vers la télé est en train de disparaître. » Place à des pièces qui « s ‘adaptent aux activités de chacun selon le moment de la journée » : lire, travailler sur une tablette, envoyer des emails, jouer, accueillir des amis… Non négligeable, l'écosystème numérique a aussi largement contribué à modifier les comportements à l'intérieur de la maison.
 
Les parois modulables créent ainsi de nouvelles pièces ou modules en fonction de l'heure. Une fois son travail achevé, un bureau se transforme en table de salle à manger... Ces nouvelles approches ludiques mais surtout fonctionnelles, collent à l’époque, à sa diversité, à sa flexibilité, à son côté non figé. En France, c’est le designer Matali Crasset qui la première, a parlé de « scénarios de vie ». Résultat, elle mène une approche sur les rituels domestiques bien plus que sur la forme : « Je préfère réaliser des systèmes grâce auxquels les utilisateurs pourront composer leur intérieur selon leur façon de vivre », dit-elle à M. Fini donc, le design figé dans lequel « la vie ne va pas pouvoir s’incarner », mais des chambres d’amis en kit à déplier à l’image de sa « colonne d’hospitalité. »
 
Le mot d’ordre aujourd’hui, pour toute une nouvelle génération de designers, est de trouver des solutions innovantes. Pourquoi ? Pour simplifier la vie tout bêtement, et se simplifier la vie. Si le style et l’esthétique restent importants, l’usage, les fonctions multiples, l’interaction entre un objet et la personne qui s’en sert sont privilégiés. Du mobilier modulable donc, pour des vies et un espace domestique changeants, pour ne pas dire mouvants.