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Désescalade des tensions entre les deux Corée : quelles perspectives ?





Au Nord du 38e parallèle une décrue de la tension est observée alors que le régime de Pyongyang a levé son « niveau d’alerte maximum », et retiré deux missiles moyenne-portée Musudan.


Désescalade des tensions entre les deux Corée : quelles perspectives ?

Un apaisement des tensions

La pression exercée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) sur la Corée du Sud depuis le début de l’année est descendue d’un cran au printemps 2013. Rappelons que début avril, des missiles de moyenne portée avaient été transférés sur des sites de lancement, la Corée du Nord se tenant alors prête à riposter alors que la République de Corée et les États-Unis effectuaient des manœuvres militaires communes. Loin d’être inhabituels, ces exercices annuels nommés « Foal Eagle » participent à une stratégie de démonstration des capacités sud-coréennes, mais aussi et surtout des forces américaines. L’escalade de la tension avait débuté avant les exercices, lors du lancement d’une fusée – prétexte à un essai de missile longue portée – par les Nord-Coréens, puis avec leur essai nucléaire le 12 février 2013(1). Ce dernier a d’ailleurs entraîné de nouvelles sanctions de la part de l’ONU. Le 30 mars, la Corée du Nord déclarait même l’état de guerre face à la Corée du Sud et disposait deux missiles Musudan le 4 avril, face à la mer du Japon. Ces missiles, d'une portée supérieure à 3000 km, peuvent en théorie toucher toute cible en Corée du Sud, au Japon, mais aussi sur l'île de Guam, où l'armée américaine dispose de bases militaires.
 
Le 6 mai pourtant, les deux missiles sont retirés de leurs rampes de lancement, et le « niveau d’alerte maximale » est abandonné, selon une source du gouvernement de Corée du Sud. Le régime nord-coréen n’a toutefois pas renoncé à toute réplique dans le cas d’une violation de ses eaux territoriales, gardant à l’esprit de récentes manœuvres militaires sous-marines conjointement menées par la Corée du Sud et les États-Unis. C’est la logique dans laquelle s’est enfermé le régime de Pyongyang : il se doit de créer un climat de tensions afin d’affirmer sa présence et de prouver sa capacité de réaction militaire. Kim Jong-Un semble succéder dignement à son père Kim Jong-Il, malgré son jeune âge et les nombreux doutes de la part de la communauté internationale et des mouvances internes.
 
Une telle crise ne peut déboucher que sur deux situations : la guerre, ou un apaisement des tensions. La perspective d’une guerre impliquant des frappes nucléaires demeure toutefois très peu probable. Et avec le retrait des Musudan, la possibilité d’un lancement imminent de missile est écartée, car il faudrait que la RPDC renouvelle le processus de préparation et de déploiement de ses forces. D’autre part, Kim Jong-Un ne souhaite pas une fermeture complète du pays et laisse à cet effet une certaine ouverture dans le dialogue, notamment dans l’optique de relancer l’économie.

Le bénéfice de la crise revient à la vente d’armes

Les manœuvres militaires « Foal Eagle », réparties sur un mois et au format gargantuesque, ont pris fin le 30 avril. Ces exercices auront impliqué plus de 20 000 soldats et participé à la recrudescence des tensions en Asie. Si la Corée du Nord a abaissé son niveau de tension, la République de Corée devrait garder un déploiement militaire conséquent jusqu’à la fin de la visite officielle de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye à Washington.
 
Pour autant les tensions ne sont pas que de mauvais augure. Le caractère crisogène de la région a ouvert la perspective de nombreux contrats, dont celui de 36 hélicoptères Apache (Boeing) vendus pour 1,6 milliard de dollars à Séoul, et celui de quatre drones RQ-4 Global Hawk (Northtop Grumman) pour 860 millions de dollars. Les États-Unis, acteur privilégié du marché sud-coréen, pourraient de plus leur fournir la nouvelle génération d’avions de combat afin de remplacer les F-4 Phantom, même si une compagnie européenne fait partie de l’appel d’offres : Cassidian (EADS) avec l’Eurofifghter Typhoon. Mais compte tenu de la puissance de l’influence américaine en Corée du Sud, les chances de l’emporter sur ce marché de 8 milliards de dollars sont minces pour l’entreprise européenne.


(1) Faisant suite à ceux de 2006 et de 2009.