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En Chine, on peut être payé pour faire des compliments




22 Mars 2019

Face aux torrents de commentaires négatifs sur internet, la Chine a développé une petite économie d’ondes positives pour contrebalancer. Les « groupes de compliments » se développent d’ailleurs parce que les anti-trolls sont rémunérés pour être gentils.


Creative Commons - Pixabay
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Ceux qui insultent et qui dénigrent le font gratuitement. La fâcheuse tendance à voir internet être le lieux des fameux « trolls » ou internautes qui déversent leur fiel touche le monde entier. Mais en Chine une sorte de solution a été trouvée avec le développement des « kuakuaqun », les « groupes de compliments ». « Le principe est simple: des centaines de flatteurs anonymes vendent leurs compliments sur des sites de e-commerce, comme la plateformes chinoise Taobao. Les utilisateurs qui y souscrivent sont invités à rejoindre une conversation privée de groupe où chaque communication devient l'occasion de tirades dithyrambiques » nous apprend Le Figaro .
 
Si l’activité se développe c’est parce qu’il y a un modèle économique qui l’accompagne. « D'après l'enquête de CNBC, les premières offres commencent aux environs de cinq euros mais peuvent aller jusqu'à 26 euros. Certains administrateurs de groupes proposent un modèle d'abonnement : 3 euros pour 5 minutes de compliments par jour adaptés aux goûts, aux hobbies ou encore aux caractéristiques physiques de l'utilisateur. Interrogé par la chaîne américaine, l'un des initiateurs du groupe explique se livrer à cette activité rémunérée avec ses amis, en complément de son emploi à temps plein. Les compliments rapportent cependant assez peu: une étudiante a confié gagner 7 centimes par compliment à la rubrique du South China Morning Post dédié à la culture web chinoise, Abacus News  » lit-on plus loin.
 
L’intérêt pour ceux qui reçoivent les compliments en les payant est en revanche plus mystérieux. Quel genre de personne va être satisfaite qu’un inconnu rémunéré lui dise des choses gentilles ? « Du côté des flatteurs, les chercheurs remarquent aussi cette dissociation entre identité en ligne et identité réelle, souvent liée à des troubles narcissiques. Chen Kan, professeure de psychologie à l'université de Fudan, estime auprès de China Daily que les groupes de louanges sont aussi devenus viraux et lucratifs parce qu'ils répondent au besoin de compagnie, de confiance en soi et de simple flatterie des étudiants, souvent soumis à une intense pression à la réussite en Chine » rapporte Le Figaro.