En finir avec «le drame de l’école»






26 Novembre 2015

L’éditorialiste des Échos, Jean-Marc Vittori revient dans une tribune, sur «Le drame de l'école». De quoi tirer de nombreux enseignements.


Au taquet, seraient les élèves français. En revanche, les résultats ne sont pas proportionnels à leurs efforts. C’est en substance ce qu’écrit le journaliste et éditorialiste des Échos, dans une tribune du quotidien économique français. « Les écoliers français travaillent. Ils travaillent même beaucoup. Mais les résultats ne sont pas au rendez-vous », écrit-il. Il s’appuie sur un classement des systèmes scolaires dressé par l’OCDE. Au sein de l'Organisation de coopération et de développement économiques, existe un think tank, un laboratoire, « financé pour l'essentiel par les pays développés », explique Jean-Marc Vittori. Ce sont les résultats établis par ce think tank qu'il convient de regarder à la loupe.
 
Ils sont sans appel. Si les écoliers français passent sur les bancs de l’école, plus de temps que dans n’importe quel autre pays développé, les résultats ne sont pas à la hauteur. Et que font-ils de plus dans ce temps plus long ? 58% de leur temps sert à apprendre à lire, à écrire et à compter. Ce qui paraît indispensable, et fait dire à Jean-Marc Vittori : « il y a une excellente raison à cet effort : la maîtrise des mots et des chiffres est au fondement de l'éducation. » En revanche, ce pourcentage est le plus élevé de tous les pays membres de l’OCDE, dont la moyenne tourne autour de 37%. Mais pourquoi pas, si les résultats suivent ?
 
Mais ce n’est pas le cas. Et « l’effort est vain », constate l’éditorialiste. Il va plus loin : « Malgré ces centaines d'heures supplémentaires sur les bancs de l'école pour consolider les « apprentissages fondamentaux », les Français ont des résultats à peine dans la moyenne dans les comparaisons internationales de niveau en littératie et numératie. » Qu’est-ce qui cloche alors ? Pourquoi l’école française n’est pas au niveau ? Combien de laissés-pour-compte, derrière une élite restreinte qui est l’arbre qui cache la forêt ?
 
Il s’agit de réformer en profondeur. Les moyens, on les connaît mais ils ne sont pas appliqués. Et Jean-Marc Vittori de rappeler : « à l'ère numérique, il faut mobiliser tous les talents, et plus seulement ceux d'une petite élite (…) Des enseignants mieux formés et mieux motivés. Des moyens redéployés du collège vers l'école et des élèves les plus favorisés vers les moins aisés. Des journées scolaires moins chargées et plus nombreuses. » Et pourtant, qui s’y risque ? Il est temps pour le gouvernement de s’y frotter, au risque de s’y piquer. Que nous ayons enfin une école efficace, et en finir avec « le drame de l’école. »