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En jouant la carte de l’antisystème lâché par la France, Carlos Ghosn ne convainc personne

Journaliste pour VA Press. En savoir plus sur cet auteur



20 Juillet 2020

Après avoir commencé par marteler que le Japon était un pays arbitraire au système juridique injuste, Carlos Ghosn flirte avec le grotesque en se présentant comme un homme hommes hors du système et en assurant que son bilan n’est pas mauvais.


Creative Commons - Pixabay
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Nous étions nombreux à être prêts à croire que l’affaire Carlos Ghosn avait été instrumentalisée par ses ennemis en interne et par la partie japonaise de l’alliance industrielle, inquiète de son pouvoir. Une interrogation légitime qui n’enlève rien aux nombreux soupçons qui sont mis en avant sur des pratiques de favoritisme et de dépenses somptuaires dont le lien avec les activités du groupe restait à démontrer.
Mais plus Carlos Ghosn s’exprime, plus la ficelle est grotesque. Dans une interview donnée au Parisien-Aujourd’hui en France, seulement quelques jours après un article du « Monde » sur l’état de ses déboires avec la justice, il a multiplié les déclarations outrageuses.

Voulant se présenter comme quelqu’un anti système, il a expliqué qu’il ne faisait pas partie de l’ « establishment » français, qu’il n’avait pas fait l’ENA et que c’est pour cette raison qu’il n’avait pas été soutenu. Or, il est polytechnicien, patron d’un des plus grands groupes français avec l’État comme actionnaire. Et s’il ne fait pas partie de l’establishment parisien, c’est qu’il faisait partie de celui planétaire. 

Après avoir martelé que le Japon était un pays autoritaire et qu’il craignait sa justice, c’est désormais la France qui serait une autocratie judiciaire… « Interrogé par Le Parisien sur ce qu’il attendait de la France, Carlos Ghosn a répondu qu’il n’était « pas naïf… » « Je n’ai pas fait l’ENA, je n’ai pas les connexions habituelles du patronat français, je n’appartiens pas à l’establishment. Le microcosme ne me considérait pas à juste titre comme faisant partie des siens », a-t-il détaillé » rapporte Le Monde .

Quant à son bilan, il en est « fier » et a fait semblant de ne pas comprendre que les affaires judiciaires ont plus fragilisé le groupe que n’aurait pu le faire une gestion médiocre des affaires et de la stratégie.