Grève du 13 octobre : quels secteurs seront paralysés ?






10 Octobre 2023

Lancée par l'intersyndicale, la grève du vendredi 13 octobre promet de paralyser plusieurs secteurs dans toute la France.


Négociations des bas salaires : l'intersyndicale souhaite mettre la pression sur le gouvernement

L'initiative de la grève, « contre l’austérité » , a été déposée en préfecture et débutera ce vendredi 13 octobre. L'intersyndicale composée de la CFTC, la CFDT, la CGT, FO, CFE-CGC, l'UNSA, l'Union syndicale Solidaires et FSU revendique : « Le pouvoir d'achat et l'augmentation des salaires, des pensions et des minimas sociaux » ainsi que la « transition écologique juste » et l’égalité homme-femme selon leur communiqué. L’intersyndicale demande de nouvelles négociations aux employeurs. Cet appel fait écho à la déclaration de la Première ministre, Elisabeth Borne, qui a incité les entreprises à prendre en charge une partie de la hausse des salaires. Cette grève entre également dans le cadre de la conférence sociale sur les bas salaires qui se tiendra le lundi 16 octobre et à laquelle le président Emmanuel Macron participera.

 Sophie Binet et l’intersyndicale reconnaissent d'ailleurs que cette grève cible le gouvernement qui, « a toutes les cartes en main pour mettre les patrons sous pression », pour reprendre les propos de la présidente de la CGT. « Les chiffres de l'appauvrissement de la population sont très inquiétants : plus d'un tiers des Français disent ne pas manger trois repas par jour, 50% ne peuvent plus épargner... La CFDT croit beaucoup à la négociation dans les branches et les entreprises ; il faut sanctionner celles qui ne jouent pas le jeu... Nous demandons que les entreprises qui ne jouent pas le jeu ne puissent plus bénéficier des exonérations de cotisations », dixit Sophie Binet. En plus de la revalorisation des salaires, l’intersyndicale demande le blocage des prix des produits alimentaires, une diminution de la TVA ainsi qu'une taxation plus lourde pour les entreprises qui réalisent des « super-profits » et qui « ont des comptes à rendre »  vilipende Marylise Léon, présidente de la CFDT. Pour l'intersyndicale, «  il faut sanctionner celles qui ne jouent pas le jeu (…). Nous demandons que les entreprises qui ne jouent pas le jeu ne puissent plus bénéficier des exonérations de cotisations » ajoute la présidente de la CGT.

Grève illimité : les secteurs qui ont répondu à l'appel

Les secteurs touchés seront nombreux : santé, aérien, école et routier. Dans le domaine des transports, il faut s'attendre à des perturbations majeures : l’aéroport de Paris-Orly a déjà annoncé l’annulation de près de 40 % de ses vols, celui de Marseille 20 % et Beauvais 15 %, selon le communiqué de la DGAC. Concernant la SNCF et la RATP, l’appel à la grève a été lancé pour commencer dès 17 h, le jeudi 12 octobre. Les deux entités publieront les détails des perturbations le mercredi 11 octobre, mais au vu de la forte mobilisation du secteur, de nombreux voyageurs risquent d’être impactés.

Les écoles et le service public ne seront pas épargnés, avec une mobilisation attendue des enseignants et du personnel administratif. Tout comme pour la SNCF et la RATP, aucun détail n’a encore été fourni, mais plusieurs centaines de classes pourraient être fermées. Suite à l'appel de l'intersyndicale du 28 octobre 2023, l'ensemble des syndicats des médecins libéraux rejoindront le mouvement ce vendredi 13 octobre et ont appelé à une grève illimitée dans le but d'obtenir une revalorisation des prix des consultations et des moyens plus conséquents pour les structures médicales (la dernière revalorisation des consultations, négociée entre le gouvernement et l'Assurance maladie, avait augmenté le tarif des consultations de 1,50 euros.).