L'inflation et l'alimentation : sacrifices et économies pour les ménages les plus modestes






11 Avril 2023

Face à une inflation record de 5,6% en mars 2023, les ménages les plus pauvres réduisent leurs dépenses alimentaires et adaptent leurs habitudes. Entre portions réduites et repas sautés, ces changements pèsent sur la santé et l'environnement.


Inflation et impact sur les ménages les plus modestes

Selon l'Insee, l'inflation en France a atteint 5,6% sur un an en mars 2023, affectant particulièrement l'alimentation qui voit ses prix grimper de plus de 15% sur la même période. Une enquête de l'Ifop pour "la Tablée des chefs", dévoilée par Le Parisien, révèle que 79% des ménages gagnant le SMIC ou moins ont dû réduire leurs achats alimentaires. Les plus touchés représentent 30% de la population, selon Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l'Ifop.

Conséquence directe de l'inflation, les assiettes sont moins garnies pour qu’elles pèsent moins sur le budget mensuel. Plus de la moitié (53%) des personnes interrogées indiquent faire des économies sur les portions. Pire encore, 42% des sondés ont même supprimé un repas quotidien, qu'il s'agisse du petit-déjeuner, du goûter ou du dîner.

Des habitudes alimentaires modifiées, des conséquences sur la santé et l'environnement

Pour s'adapter à la situation, les ménages les plus modestes modifient leurs habitudes alimentaires, souvent au détriment de leur santé. Plus d'un sur deux (52%) achète moins de fruits et légumes frais et réduit sa consommation de viande, dont le prix ne cesse d'augmenter.

Ces changements alimentaires inquiètent : deux tiers des personnes concernées craignent des effets sur leur santé à court et long terme. Par ailleurs, la recherche de promotions prend le pas sur la provenance et la saisonnalité des produits, ce qui nuit à l'écologie. Et pendant ce temps, le chèque alimentaire, promesse d'Emmanuel Macron, peine à voir le jour, laissant les ménages les plus vulnérables face à ces défis.