L’opposition biélorusse lance un ultimatum à Alexandre Loukachenko






15 Octobre 2020

La Biélorussie traverse depuis le 9 août 2020, une crise politique sans précédent. Face à la violente répression menée par le président Alexandre Loukachenko, la chef de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa a lancé un ultimatum.


Treize jours pour répondre aux demandes de l’ultimatum

Exilée en Lituanie, la chef de l’opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa a lancé mardi 13 octobre 2020 un ultimatum à Alexandre Loukachenko. Treize jours. Alexandre Loukachenko a treize jours pour satisfaire aux exigences de l’opposition, c’est-à-dire quitter le pouvoir, mettre fin à la répression des manifestations et libérer l’ensemble des « prisonniers politiques ». 

La femme politique prévient et menace : « Si nos demandes ne sont pas satisfaites d'ici le 25 octobre, tout le pays descendra pacifiquement dans la rue (…) Et le 26 octobre, une grève nationale de toutes les entreprises commencera, toutes les routes seront bloquées, les ventes dans les magasins d'État s’effondreront ». Un appel à la grève totale du pays alors que toutes tentatives de négociations ont pour le moment échoué. « Nous avons dit à plusieurs reprises que nous étions prêts au dialogue et aux négociations. Mais parler derrière des barreaux de prison n'est pas un dialogue ». L’opposition appelle donc à mettre fin à la « terreur d’État ».

Depuis sa réélection jugée frauduleuse par l’opposition, le 9 août 2020, Alexandre Loukachenko fait face à une multiplication des manifestations l’appelant à quitter le pouvoir. La répression menée par le chef d’État, à la tête de la Biélorussie depuis 1994, a mené à l’arrestation ou l’exil des figures principales de l’opposition.

Une répression de plus en plus violente

Dimanche 11 octobre 2020, la grande manifestation hebdomadaire de l’opposition à Minsk, a été réprimée par la police avec une plus grande violence qu’à l’accoutumée. Les forces de l’ordre ont déployé les grenades assourdissantes mais également les canons à eau pour disperser la foule de manifestants. Une centaine de personnes ont été arrêtées. 

Le ministère de l’Intérieur biélorusse a annoncé lundi 12 octobre par voie de communiqué, que les forces de l’ordre auraient recours à des balles réelles pour venir à bout des manifestants « si nécessaire ». Le dernier membre du « conseil de coordination » de l’opposition, encore en liberté sur le sol biélorusse, Sergueï Dylevski a également annoncé son exil du pays par « crainte pour sa sécurité ».