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Le Street Art Project





Une fresque monumentale qui surprend au détour d’une ruelle, une petite grenouille toute en pixels dissimulée dans les profondeurs d’une bouche de métro, le street-art a incontestablement conquis nos paysages urbains. Pourtant il n’est pas rare de vouloir revenir voir un de ces chefs-d’œuvre inattendus et de constater avec désolation sa dégradation, son recouvrement ou sa destruction. Avec son Street Art Project, Google tente de consoler nos âmes d’esthètes citadins dépossédés de leurs excitantes trouvailles.


De l'art éphémère

Le Street Art Project
L’art urbain, ou plus communément street-art, est un mouvement contemporain qui désigne l’ensemble des formes d’art réalisées dans la rue, ou tout autre espace public. Ces lieux d’expositions insolites font de lui un art accessible, ravissement d’un public exceptionnellement large et varié. Des artistes comme Banksy ont mis à profit cette particularité pour transmettre leur message, interpellant par exemple sur la prolifération des caméras de surveillance ou sur la situation Syrienne. Mais leurs emplacements extérieurs procurent également à cet art son épithète d’éphémère. Les œuvres n’échappent guère aux aléas de la nature, au vandalisme, au grapheur concurrent, ou simplement jaloux, au particulier adepte du NIMBY, ou encore aux intraitables autorités municipales.
 
Ainsi la Tour Paris 13, qui a brièvement abrité entre ses murs la plus grande exposition d’art urbain jamais réalisée, fut démolie en avril 2014. Cet immeuble parisien, dressé en bord de Seine, avait été investi durant six mois par une centaine d’artistes venus des quatre coins du monde, afin de profiter, avant sa destruction programmée, de ce support peu commun qui leur était offert. Neuf étages et 450 m2 de plafonds et de murs peints furent les fruits de cette émulation créatrice, qui attirèrent en octobre 2013 près de 30 000 visiteurs, résolus à ne pas manquer cette occasion unique.

Une centaine d'expositions en gigapixel

Toutefois ces œuvres, désormais réduites à l’état de gravats, ne sont pas vouées à l’oubli. Elles font partie des 5 000 œuvres d’art urbain que l’institut culturel de Google a choisi d’inclure dans son portfolio virtuel. Le dénommé Street Art Project est une plateforme gratuite qui propose des images haute définition de ces travaux éphémères, regroupés en une centaine d’expositions. Pour mener à bien cette entreprise ambitieuse, Google a mis à contribution sa technologie de pointe, la technique du "gigapixel" (zoom à l'infini), ou encore le chariot Street View, qui permet de réaliser des captures à 360°. Outre la pérennisation de ces peintures murales, fresques et autres graffitis, l’opération permet de replacer et d’exposer ces œuvres dans leur milieu d’origine, la rue, alors que la vente aux enchères de reproductions sur supports plus durables comme des toiles suscite souvent la polémique.
 
Grâce à ce nouvel outil, Google s’inscrit dans la tradition populaire et tente de perpétuer cet art singulier. Reste à savoir si un double virtuel parviendra à apaiser nos déceptions passées.