Le cerveau utilisé à seulement 10% de ses capacités, un mythe






11 Aout 2014

Aujourd’hui, on utiliserait que 10% des capacités totales de notre cerveau. C’est en substance, la théorie que développe Luc Besson dans son dernier film, « Lucy ». Un mythe démonté par les scientifiques.


C’est une idée bien ancrée dans l’inconscient collectif. Un fantasme auquel on vient difficilement à bout : l’homme ne se servirait que d’une toute petite partie des compétences de son cerveau. D’ailleurs, c’est ce postulat que le réalisateur français Luc Besson, a utilisé comme pierre angulaire de son nouveau long-métrage, « Lucy », à l’affiche depuis mercredi dernier.
 
Dans ce blockbuster, l’héroïne qu’interprète l’actrice américaine Scarlett Johansson, voit, à la suite d’un accident ses capacités cérébrales habituelles, de l’ordre de 10% donc, se décupler, et atteindre 100%. D’ailleurs, ses aptitudes intellectuelles démultipliées vont lui permettre d’avoir des pouvoirs surhumains.
 
Les spécialistes du cerveau, eux, restent septiques. Cette notion que l’être humain n’utiliserait que 10% de ses fonctions cérébrales est une vaste plaisanterie. Une idée reçue sur le cerveau qui persiste depuis le début du siècle dernier. Il est temps aujourd’hui de remettre les choses à leur place. En effet, si à cette époque, la neurologie fait de gros progrès, beaucoup d’études sont menées sur des individus souffrant de lésions au cerveau, notamment, des soldats blessés, lors des deux guerres mondiales. Résultat, les scientifiques constatent que les lésions de certaines régions du cerveau entravent des fonctions telles que la vision, les sensations ou encore, la motricité.
 
Paradoxalement, dans le cas de dommages dans la partie frontale du cerveau, les conséquences sont mineures. Les malades sont capables de marcher et de parler. Bêtement, on s’est mis à penser que ces zones du cerveau n’étaient pas utilisées. À cette période, personne n’est pas capable de procéder à des examens qui auraient pu prouver l’activité de ces zones frontales. 
 
Aujourd’hui, les choses ont changées. Avec les techniques de l’IRM, l’imagerie par résonnance magnétique, les chercheurs ont compris qu’aucune zone cérébrale n’est endormie ou en sous-régime. Ainsi, explique la neurobiologiste Catherine Vidal, directrice de recherche à l’Institut Pasteur, « Les réseaux des zones frontales sont par exemple indispensables pour faire la synthèse entre souvenirs et réalité, et planifier les actions dans le futur
 
Las, le cerveau, organe de la pensée et complexe par excellence, continue de faire fantasmer. En effet, ses aptitudes d’apprentissage sont démentes. Ce qui laisserait supposer que certaines de ses capacités ne soit pas utilisées de façon optimale. C’est le point de vue défendu par Simon Thorpe, directeur du laboratoire du Cerco, le Centre de recherche cerveau et cognition, et directeur de recherche au CNRS. «Je défends l’hypothèse que 90 % de nos neurones ne sont peut-être pas actifs. Ils seraient en quelque sorte endormis. Ces neurones seraient des traces de mémoire, dans l’attente d’un stimuli. Ils nous permettraient par exemple de reconnaître des musiques entendues plusieurs décennies plus tôt.» explique t-il.
 
Des neurones inactifs donc. «Si un jour on trouvait un moyen de les libérer, on aurait, comme un enfant à la naissance, des capacités phénoménales d’apprentissage», ajoute Simon Thorpe. De quoi continuer à fantasmer… et imaginer que la Lucy de Luc Besson pourrait exister un jour.

Lucy, Luc Besson