Pénurie de médicaments : la vente à l'unité pour répondre à la crise ?






21 Septembre 2023

Alors que l'hiver se profile à l'horizon, la crainte d'une pénurie de médicaments, notamment d'antibiotiques, devient de plus en plus palpable. Automne et hiver sont en effet les saisons où les maladies sont les plus courantes, notamment la grippe (qui ne nécessite pas d’antibiotiques) mais aussi les autres affections pulmonaires. Pour y faire face, le gouvernement français a décidé de jouer la carte de la vente à l'unité. Mais cette stratégie est-elle la panacée que l'on espère ?


Lutter contre le gaspillage de médicaments... et l'antibiorésistance

L'un des problèmes majeurs avec les boîtes de médicaments est leur taille. Souvent, elles contiennent plus de comprimés que nécessaire, ce qui conduit à un gaspillage massif. Mais médecins comme patients n’y peuvent pas grand-chose : le conditionnement est tel qu’il est, sans possibilité d’en déroger.

Ce surplus contribue à l'antibiorésistance, un enjeu de santé publique, en particulier dès lors que les restes de boîtes sont utilisés sans contrôle médical par des patients qui pensent savoir s’auto-diagnostiquer. La vente à l'unité apparaît donc comme une solution pragmatique pour résoudre ces deux problèmes.

Augmenter le prix des médicaments pour inciter l'industrie ?

Si la vente à l'unité semble être une solution efficace, elle n'est pas sans poser des problèmes, notamment en termes de traçabilité. Le suivi des numéros de lot devient complexe lorsque les médicaments sont vendus à l'unité, ce qui pourrait poser des problèmes en cas de rappel de produits.

Néanmoins, la vente à l'unité n'est pas la seule mesure envisagée. D'autres options, comme la délivrance d'antibiotiques sans ordonnance après un test préalable, sont également à l'étude. Mais dans ce dernier cas ce serait pour désengorger les cabinets médicaux. En cas de crise, les hôpitaux pourront produire leurs propres médicaments, même en quantités limitées.

Le gouvernement travaille aussi sur la chaîne d'approvisionnement et envisage d'augmenter le prix de l'Amoxicilline de 10% pour inciter les fabricants à maintenir leurs stocks en France. Des discussions sont en cours, et elles pourraient déboucher à terme sur une réduction du risque de pénurie en France. Mais pour l’hiver 2023-2024, cette solution ne devrait pas encore être d’actualité.